Zaynab, fondatrice de Marrakech

Née en 430 H (1039) au pied des montagnes de l’Atlas, à Aghmat, Zaynab an-Nafzāwiyyah est la fille d’un riche commerçant. Élevée dans l’amour des lettres par ce dernier, on lui connaît, jeune, de nombreuses qualités : belle, intelligente et vive d’esprit, elle est ainsi rapidement mariée à un chef de tribu influent. Répudiée aussitôt, mais vite remariée, elle perdra son second mari parti au combat contre les Almoravides en sa qualité d’émir de la région. Devenue un butin de guerre, elle finit ainsi par tomber dans les bras d’Abū Bakr, le propre cousin de Yūsuf ibn Tāshfīn – l’émir des Almoravides – avec qui il partage l’ensemble de l’actuel Maroc. Abū Bakr est l’artisan de la conquête du Sud marocain, ainsi du Ghana et sa capitale, Koumbi Saleh. De servante, Zaynab finit par devenir sa femme. Mais en 462H (1070), alors que les deux leaders des Almoravides installent leur campement dans le désert brûlant, Zaynab se voit une nouvelle fois divorcée par son mari. C’est à ce moment, quelques mois plus tard, qu’elle atteint alors le sommet de la dynastie en étant choisie par l’émir Yūsuf ibn Tāshfīn en personne. Il a la soixantaine, elle en a deux fois moins, mais la fusion s’opère. Elle se fait même la conseillère principale de ce nouveau mari, lui susurrant à l’oreille de redoubler de hardiesse et d’aller mener le combat jusqu’au nord de l’al-Andalus. On l’appelle Malika (la reine) ou encore Al qa’imā bi mulkihī (celle qui s’occupe du royaume de son mari) tant elle s’implique dans la chose politique. Son quatrième et dernier époux loin au combat, elle conçoit alors les plans d’une ville qui devait remplacer le camp et permettre aux locaux de s’y retrouver. Ce sera Marrakech, Marrākush en arabe. Bâtie au retour de l’émir, la nouvelle capitale des Almoravides deviendra bientôt l’un des centres urbains les plus importants du monde de l’Islam. Fortunée, Zaynab an-Nafzāwiyyah fera régulièrement don de ses biens pour alimenter les campagnes militaires de son mari, gérant à sa place la jeune cité en son absence. Mourant à la fin du 5e siècle de l’hégire (1106), Yūsuf ibn Tāshfīn laissera Zaynab en veuve, jusqu’à ce qu’elle quitte aussi ce monde 511H (1117). Elle aura eu de lui deux fils, Al Mu’izz Billāh et Faḍl.

Renaud K.


Pour en savoir plus :

  • Fatima Mernissi, The Forgotten Queens of Islam, U of Minnesota Press,
  • Ibn Ibn ʻIdhārī, Al-bayan al-mughrib
  • Alison Baker, Voices of Resistance: Oral Histories of Moroccan Women, SUNY Press,

Comments (2)

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