Vasco de Gama, de la terreur en terre d’Islam

 

Figure majeure de l’histoire du Portugal, s’il n’a pas  »découvert »les Indes, Vasco de Gama est néanmoins considéré comme le premier Européen ayant rejoint par la voie maritime cette partie de l’Asie en 903 de l’hégire (1497). Grand explorateur, il avait organisé plusieurs expéditions à destination du sous-continent indien, ceci en vue de rivaliser avec la poussée exploratrice espagnole, démarrée par Christophe Colomb. Empruntant le Cap bonne espérance, passant par l’Afrique du Sud, les Portugais, empêchés de pouvoir correctement commercer en passant par les eaux ottomanes, vont ainsi tenter, en cette fin de Moyen Âge, de passer par l’océan Indien pour rejoindre l’Asie. Si les Portugais entretiennent alors de bons rapports diplomatiques avec les États islamiques de l’Afrique de l’Est, points nécessaires pour le ravitaillement, les choses vont cependant vite tourner court avec Calicut, cité aux mains d’un Rajah, peuplée autant d’hindous que de musulmans. Déjà, avant de rejoindre l’Inde, un premier conflit éclatait avec les populations musulmanes de Malindi dans l’est-africain. Les circonstances sont floues, mais un ensemble de quiproquos avait poussé les deux puissances à livrer bataille. Quittant l’Afrique dans la précipitation, Vasco de Gama avait finalement atteint l’Inde quelque temps après, et accompagné – bien que le récit soit contesté – d’un possible navigateur et astronome musulman, avant de repartir, déçu de ce qu’il y avait trouvé. En effet, les Portugais cherchent alors avec grand espoir, en cette époque, le royaume de Jean, terre mythique entretenue dans les esprits de chacun par une vieille légende urbaine ayant fait de ce fantasque royaume un paradis – chrétien – sur terre. N’y arrivant pas à s’imposer face au Rajah qui exige alors de Vasco les mêmes taxes qu’aux Arabes présents dans la cité, c’est seulement quelques années plus tard, après être revenu au Portugal, que Vasco de Gama retentait l’aventure. L’idée et les ordres sont clairs : il faut en Inde se faire un durable pied-à-terre. Accompagné du fameux Gaspar, juif indien converti au christianisme, il reprend le chemin pour l’Inde en 907 de l’hégire (1502). Sur place, les contacts entre Portugais restés sur place et Indiens se sont détériorés et des violences ont depuis peu éclaté. Afin de mieux donner le ton, Vasco fait alors violemment bombarder Calicut avant de faire tuer ses captifs musulmans faute, au souverain de la ville, de ne pas s’être rendu. Comble de l’horreur : il fait même découper les corps en morceaux qu’il fait parvenir au rivage à bord d’une barque. Pire encore : croisant la route du Miri, un navire marchand revenu de La Mecque, Vasco fait tout simplement brûler l’embarcation avec ses centaines d’occupants – non armés – à bord. Tomé Lopes, membre de l’équipage et grâce à qui les travers de l’explorateur seront mis à l’écrit, racontera comment les femmes prenaient leurs jeunes enfants à bout de bras avant de s’embraser dans les flammes afin de réclamer clémence. Mais la violence déployée par l’explorateur portugais sera vaine : Calicut ne se soumettra pas et ses demandes de voir les Arabes expulsés de la ville seront toutes refusées. Rentrant bredouille au Portugal, Vasco de Gama allait ainsi terminer ses jours là où ils les avaient démarrés, peu après avoir été disgracié par les autorités. Son entreprise avait cependant ouvert la voie à une autre, posant ainsi les bases de l’Empire colonial portugais, lequel allait directement entrer en confrontation avec les sultanats et émirats musulmans d’Asie du Sud-est.

 

Renaud K.


Pour en savoir plus :

  • Sanjay Subrahmanyam (trad. Myriam Dennehy), Vasco de Gama : Légende et tribulations du vice-roi des Indes, Paris, Alma, coll. « Essai Histoire », (1re éd. 1997), 490 p
  • oyages de Vasco de Gama. Relations des expéditions de 1497-1499 & de 1502-1503. Traduction de Paul Teyssier, notes de Paul Teyssier et Paul Valentin et préface de Jean Aubin, Paris, éditions Chandeigne, 1995.
  • Gabriel Ferrand, Le pilote arabe de Vasco de Gama et les instructions nautiques des arabes au XVe siècle, dans Annales de géographie, 1922, no 172, p. 289-307

 

 

 

1 thought on “Vasco de Gama, de la terreur en terre d’Islam

  1. Attention aux fautes d’orthographe. Sinon le site et donc ses articles, est de qualité!
    Bonne continuation.

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