Un roi franc à Tunis, ou le dernier souffle des Croisades

En 648 de l’hégire (1250), une septième croisade en Orient s’était achevée par la capture – inédite dans l’histoire – du roi des Francs, Louis IX. Rendu après réception d’une exorbitante rançon, les Mamelouks d’Egypte l’avaient alors fait jurer de ne plus revenir en terre d’Islam. Fuyant en Palestine occupée, rongé de remords et désireux de se racheter auprès du pape, il répond alors à son appel à une huitième croisade. Mais en lieu et place de regagner les terres perdues autour de Jérusalem ou de livrer bataille à l’émir Baybars en Egypte, Louis IX porte son intérêt sur le petit sultanat hafside de Tunis. Une rencontre diplomatique entre Tunis et le roi Franc avait d’ailleurs eu lieu plus tôt et l’on fera dire au sultan Abū ʿAbd Allāh Muḥammad al-Mustanṣir qu’il avait souhait de se faire chrétien. Bruit de couloir ou non, ce dernier ne montrera cependant aucun signe de quitter l’islam lors de la venue des Francs à ses portes au mois de juillet 1270. Aidé de milliers d’hommes en armes, Louis IX parvient à occuper la plaine de Carthage et à prendre d’assaut la ville; mais la dysenterie et le typhus font des ravages dans le camp chrétien. Louis attend des renforts qui ne viennent pas tandis que son fils, Jean Tristan, succombe à la maladie, ainsi de Louis lui-même à la fin du mois d’août. Les Francs ont certes un nouveau roi, Philippe III, mais le jeune homme est trop inexpérimenté et la résistance musulmane empêche toute avancée. Le jeune roi finit par laisser place à Charles d’Anjou, enfin arrivé avec les renforts de Sicile et d’ailleurs. Une véritable bataille s’engage alors, mais personne ne parvient à véritablement prendre le dessus. Les chrétiens comprennent qu’ils ne pourront prendre Tunis, quand les musulmans craignent les conséquences à venir d’un siège  trop long. Des négociations s’engagent. Un accord est conclu le 30 octobre après lequel les chrétiens s’engagent à déserter les lieux, en laissant leurs armes de siège, quand le sultan devra verser une importante indemnité, livrer le tribut au roi de Sicile, puis enfin permettre aux chrétiens locaux de vivre plus librement leur foi. Les croisés conviennent de rentrer en France pour se préparer à une nouvelle croisade, mais elle ne verra jamais le jour. C’est, en filigrane, la fin de l’ère des Croisades qui pointe son nez. 

Renaud K.


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