Malcolm X ou Malik El-Shabazz

Né dans le Nebraska en 1343 de l’hégire (1925), Malcolm baigne dans le militantisme dès son enfance. Fils d’un prêcheur baptiste chantant les mérites d’un retour en Afrique et d’une mère métisse née d’un viol, Malcolm avait vécu au rythme des menaces du Ku Klux Klan jusqu’à ce que ces derniers fassent tuer son père. Envoyé dans une famille – blanche – d’accueil après que sa mère ait été déclarée folle, Malcolm lorgne longtemps une carrière d’avocat avant de tomber dans la délinquance. Un premier passage à la fin d’année 30, Malcolm arrive à Boston et entame une vie d’adulte au milieu de la voyoucratie locale. Durant la Seconde Guerre mondiale, il emménage à New York avec sa compagne – blanche – cirant contre rémunération les chaussures des plus grands musiciens noirs d’alors. S’adonnant à la drogue, au jeu, au racket et aux cambriolages, il échappe à l’enrolement dans l’armée après avoir feinté avoir des penchants anti-blanc. Déclaré communiste dans son dossier, puis rattrapé pour ses crimes, il est condamné à dix ans de prison en 1365H (1946). Gagnant dans les geôles le surnom de Satan du fait de sa haine de la Bible, de Dieu et de la religion en général; c’est à cette période qu’il prend, par le biais de son frère Reginald, connaissance de la Nation of Islam. Ses correspondances avec Elijah Muhammad, meneur de la Nation, le poussent à y adhérer. Libéré en 1371H (1952), ses présupposés communistes et, désormais, sa conversion à l’islam de la Nation font dès lors de lui un personnage des plus surveillés par le FBI. Devenant l’un des prêcheurs phares de la Nation, s’exhibant dans ses temples de Chicago à Harlem, il délaisse alors son nom de famille, Little, pour un simple X. Il épouse en 1377H (1958) Betty X (née Sanders) avec qui il aura 6 filles. S’opposant au mouvement afro-américain des droits civiques, dont il déplore le pacifiste et l’universalisme; il va jusqu’à encadrer l’organisation d’un groupe paramilitaire islamique. Ce même groupe qui allait peu après assiéger un poste de police et un hôpital. Ouvertement raciste, Malcolm n’hésitera pas à se réjouir lorsqu’un avion d’Air France s’écrasera, ou lorsque Kennedy fut assassiné. Connu du grand public en 1378H  (1959) après une émission de télévision, ses ”white devil” lancés à l’égard des blancs lui faisant face rentrent dans l’histoire. Il devient alors une source d’inspiration pour de nombreux afro-américains dont le boxeur Cassius Clay – Muhammad Ali – un temps un membre de la Nation of Islam. Rencontrant Fidel Castro et bien d’autres notables de ce monde, Malcolm prend dans les années 60 peu à peu ses distances avec Elijah Muhammad quand en 1383H (1963), on le voit rédiger son autobiographie avec Alex Haley. Il quitte finalement la Nation l’an suivant. Se rapprochant toujours plus de l’islam traditionnel, il développe en parallèle une conscience politique des plus fortes. Appelant les noirs à l’autosuffisance économique et politique, il réalise alors son premier pèlerinage à La Mecque. Sur place, il y découvre tout le pluralisme du monde musulman et la supercherie de sa secte. Il en revient complètement changé. Se renommant Malik El-Shabazz, abandonnant ses préjugés raciaux, ses relations avec la Nation se détériorent gravement. N’abandonnant pas pour autant son militantisme, il multiplie les prêches çà et là, asseyant l’Etat américain – sa démocratie, ses prétentions, ses combats outre-Atlantique – de toutes les critiques possibles. Le 21 février 1965 (1384H), peu après que sa maison eut été visée par un attentat, Malcolm X prononce son dernier discours dans le quartier de Harlem. Celui-ci à peine entamé, une dispute éclate, un homme accusant un autre d’avoir ses mains dans les poches. Au même moment, un autre s’avance vers Malcolm, qui, appelant au calme, se fait tirer dessus. S’effondrant, touché au ventre, ce sont deux autres hommes qui vont l’achever de 16 balles supplémentaires. Si trois membres de la Nation of Islam furent condamnés pour son assassinat, certaines théories circulent affirmant la participation du gouvernement américain. L’enquête n’est cependant jamais allée plus loin. 

Renaud K.


Pour en savoir plus :

  • Autobiographie de Malcolm X”, de Malcolm X et Alex Haley.
  • Malcolm X et G. Breitman, Le pouvoir noir, La Découverte, 2002 
  • M. Rouabhi, Malcolm X, Actes Sud-Papiers, 2000 

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