Abu Heran (Rayhan) al Biruni

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Connu par les presque seuls férus d’histoire, l’homme, né en 362 de l’hégire (973) dans la région de l’actuel Ouzbékistan, est pourtant l’un des plus grands doctes de l’époque médiévale.

L’Etat du Khwarizm (Asie centrale) était à l’époque le bastion d’une brillante civilisation. Carrefour commercial, il était aussi l’endroit où il fallait être en vue d’étudier et se recueillir dans l’une des plus somptueuses mosquées d’alors. Jeune, Al Biruni étudie les mathématiques et l’astronomie auprès du grand mathématicien et à l’origine de la loi des sinus, Abu Nasr Mansur. Il passe alors les 25 premières années de sa vie à étudier sur ses terres, de la jurisprudence islamique à la physique, des mathématiques à la grammaire.

En 387 de l’hégire (998), après avoir rejoint le territoire Bukhara (où al Bukhari naquit), il rédige son 1er grand ouvrage  »chronologie des anciens peuples » (al-Athar al-Baqqiya ‘an al-Qorun al-Khaliyya). Remontant de la création de l’Homme au déluge, rapportant tous les faits connus sur Nabuchodonosor ou Alexandre de Macédoine ; il y relate les subtilités des calendriers arabes, grecs ou perses, les coutumes et moeurs des diverses peuplades connues. Composé de plusieurs livres, l’un traite de l’astrolabe, l’autre du système décimal, quand 4 parlent d’astrologie et de ses limites, et 2 d’histoire. Il devient ensuite un collègue du philosophe et médecin Avicenne, avec qui il échange des correspondances.

Exilé un temps par le Sultan de Ghazna, il se rendra aussi en Inde. Sur place, il y apprend le sanskrit, l’hindi et autres dialectes, puis s’initia à l’histoire, la religion, la philosophie et les coutumes de ce sous-continent. Il en tira de quoi rédiger son  »Histoire de l’Inde » (Kitab fi Tahqiq ma li’l-Hind). Dans l’ouvrage, il cite 24 écrits de 14 auteurs grecs et utilise une quarantaine de sources en sanskrit. Il a alors 44 ans et ses travaux feront de lui le premier  »indologiste » de l’histoire.

Il travaille aussi à cette époque à mesurer la taille du soleil, et à la conception d’un Astrolabe. Sous le règne du nouveau souverain, Mas’ud, fils de Mahmud le Ghaznavide, sa situation s’améliore. Le nouveau sultan est un homme instruit qui s’intéresse au développement de la science. Al Biruni lui dédie son ouvrage d’astronomie,  »le Canon de Mas’ud » (Al-Qanun al-Mas’udi), un ensemble de connaissances regroupées en 11 volumes, compilés entre 421 et 428 de l’hégire (1030-1037). En signe de reconnaissance, le sultan offre au savant une charge d’éléphant de pièces d’argent, qu’il décline en répondant :  »Ce présent m’éloignerait de la science. Jamais je ne troquerai la pérennité de mon savoir scientifique contre l’éclat éphémère du clinquant, car les sages savent que l’argent passe vite, tandis que la science reste ».

Désavouant des théories de Ptolémée ou d’Aristote, il rédigera près de 150 ouvrages. Moins de 30 nous sont parvenus. La 1ère mappemonde réalisée en Asie centrale sortit de ses mains. Dans maints passages de ses livres, on perçoit l’écho des conflits sociaux, des guerres dynastiques et des incursions étrangères. Il sera aussi l’auteur de  »Gemmes », traitant lui de géologie et des minéraux.

À l’âge de 17 ans, il calcula la latitude de Kath, au Khwarezm, utilisant l’altitude maximum du Soleil. À 22 ans, il avait déjà écrit plusieurs courts ouvrages, dont une étude sur les projections de cartes, incluant une méthodologie pour projeter un hémisphère sur un plan. Il mentionna la force d’attraction que la Terre exerce sur les corps, et calcula le rayon de la Terre à 6 339,6 km (ce résultat fut utilisé en Europe au XVIe siècle). Inventeur d’une formule d’une étonnante simplicité qui lui permit de calculer la circonférence de la Terre, il a aussi émis l’hypothèse du mouvement de notre planète autour du Soleil et formulé l’idée de l’alternance cyclique des époques géologiques. Il parle à l’époque, sur la base de ses calculs, d’un possible  »nouveau monde » inconnu, se situant alors dans ce qui pourrait être l’océan pacifique. L’Amérique ? Certains historiens en sont sûrs.

Ses apports aux mathématiques ont concerné tant l’arithmétique, que la sommation des séries, l’analyse combinatoire, la règle de 3, l’étude des nombres irrationnels, la théorie des rapports, l’algèbre, la géométrie, les théorèmes d’Archimède, comme la trisection de l’angle et son impossibilité pressentie.

Présenté aussi comme un botaniste il rédigera également un ouvrage intitulé  »Pharmacologie », à propos des drogues et médicaments. Il y établit une classification des végétaux, animaux et minéraux. Rédigé en arabe mais comprenant de l’hindi, du syriaque comme du grec, il met à contribution les traités d’Aristote, de Dioscoride et de Galien. L’œuvre ne put être menée à son terme, l’auteur mourant lors de sa rédaction, en 439 de l’hégire (1048). Les contemporains d’Al Biruni disaient de lui que  »sauf pendant 2 jours de fête chaque année, sa main ne quitte pas la plume, ses yeux ne cessent d’observer ni son esprit de réfléchir.

Mathématicien, astronome, physicien, encyclopédiste, philosophe, astrologue, voyageur, historien, pharmacologue et précepteur ; il fut aussi un spécialiste des religions comparées avant l’heure, étudiant notamment le zoroastrisme comme le judaïsme et tentant d’expliquer le pourquoi du comment des crispations se faisant autour de l’islam dans les couches les moins éduquées d’Inde. Un cratère lunaire ainsi qu’un astéroïde porte encore son nom. 

Renaud K.

 

Liens utiles :

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Al-Biruni

https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=http://www.courrierinternational.com/article/2013/12/19/xie-siecle-le-persan-qui-a-decouvert-l-amerique&ved=0ahUKEwjg1sCz9I7RAhWeN1AKHVvSCt0QFgjIATAY&usg=AFQjCNE_4XdMoODc4IvSQp3Kr-jEQl6uSg

https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=http://unesdoc.unesco.org/images/0007/000748/074875fo.pdf&ved=0ahUKEwjg1sCz9I7RAhWeN1AKHVvSCt0QFgjZATAc&usg=AFQjCNGHXTklQhOfSdTB_QTSo5aUuCbvLQ

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