Quand les Arabes decouvrirent le papier

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La bataille de Talas ayant eu lieu en 133 de l’hégire (751) a été un événement non seulement clé dans l’histoire de l’islam en tant que civilisation, mais aussi dans l’histoire du papier et sa fabrication. 

Talas, c’est une rivière du Kirghizistan où eu lieu cette bataille ayant mis les Abbassides, seconde dynastie islamique de l’histoire, face aux Chinois de la dynastie Tang. Soutenus par les Tibétains et aidés d’une infanterie puissante, les Musulmans avaient là, écrasé les Chinois, seulement un an après l’investiture des Abbassides sur le trône califale. Si la défaite des Chinois a marqué la fin de l’expansion des Tang vers l’ouest et offert aux Abbassides la prise de contrôle de la Transoxiane (actuel Ouzbékistan) et d’une partie de la Route de la Soie, l’affaire aura surtout permit à l’exportation du papier et sa fabrication en-dehors de la Chine. 

Vaincus, des prisonniers chinois avaient été en effet sommé de rendre compte de leur savoir-faire en ce domaine aux Musulmans. Facilitant les échanges postaux et la diffusion des savoirs via le livre, le papier avait tout pour plaire et remplacer les classiques parchemins et peaux de bête. Le savoir acquis, les Arabes lancèrent très vite, d’abord à Samarcande puis à Bagdad, des ateliers de production de papier autour de 177H (794), sous le califat d’Harun al Rashid. C’est une révolution dans l’Etat islamique, alors l’empire le plus grand et puissant au monde à ce moment. À l’heure où les ouvrages grecs sont traduits, que les sciences islamiques se précisent et que les échanges internationaux se multiplient d’Aix la Chapelle à Damas, le papier permet un développement de l’économie et des savoirs sans précédents. 

Secret d’Etat en Chine, la fabrication du papier, tenue surtout par des moines bouddhistes jusqu’ici, est à la fin du 8ème siècle chrétien connue des plus grandes villes arabo-musulmanes, et bientôt d’Europe, où des ouvriers en la matière ne tarderont pas, à leur tour, à l’apprendre des Musulmans.

 

Renaud K.