Quand l’Empire moghol était la première puissance mondiale

“(…) En 1068H (1658), Aurangzeb s’installe sur le trône. Sixième des Grands Moghols, son règne d’un demi-siècle sera sans conteste le plus glorieux de la dynastie. C’est sous sa houlette de grand conquérant que le royaume des descendants de Babur atteint sa plus grande expansion : quatre millions de kilomètres carrés, soit la quasi-totalité du sous-continent indien, de l’Indus au Gange, de l’Himalaya aux confins de la mer d’Arabie et de la baie du Bengale. Les revenus annuels de l’État moghol, première puissance économique mondiale, atteignent la somme prodigieuse de trois milliards de roupies – dix fois les ressources de son illustre contemporain, Louis XIV. Derrière cet apogée, il n’y a pas que les intrépides et incessantes campagnes d’un chef militaire aguerri, mais aussi, et peut-être surtout un profond renouveau spirituel impulsé par un homme qui est aussi le champion de l’islam orthodoxe, loin des interprétations ésotériques et syncrétiques de son ancêtre Akbar. Son règne marque le retour intégral de l’Empire moghol à la shari’ah, qu’il fait codifier par les oulémas hanafis de son empire en un recueil unique : le Fatawa-e-Alam- giri. L’alcool, les jeux de hasard et les drogues diverses sont formellement interdits, les convertis issus de l’hindouisme invités à abandonner leurs pratiques antérieures. (…) Fait notable : il met également fin à la pratique barbare du sati, qui voulait que les veuves hindoues soient immolées sur les bûchers funéraires de leurs époux, et l’interdit dans l’ensemble de l’empire, de même que la castration des hommes. En 1111H (1700), Aurangzeb règne ainsi sur un gigantesque empire qui compte plus de cent cinquante mil- lions de sujets – soit un quart de l’humanité. Alors plus grande puissance économique et industrielle mondiale, les Indes islamiques connaissent un niveau d’urbanisation exceptionnel (…). Porté par sa puissance militaire formidable, illustrée par son usage précoce des roquettes et explosifs, son réseau de routes inédit et son administration (…). Impératrices et princesses mogholes ne sont pas en reste : elles écrivent des chefs-d’oeuvre de prose, font ériger de grandioses monuments, mosquées, palais, mausolées ou jardins d’agrément, soutiennent activement l’éducation du peuple et financent les madrasas, patronnent savants, poètes et lettrés, entretiennent d’immenses bibliothèques, multiplient les oeuvres caritatives. À son apogée, l’Empire moghol compte ainsi un réseau assez impressionnant d’une école élémentaire pour quatre cents habitant (…)”

Cet extrait est à retrouver dans le N°3 de Sarrazins, en vente ici :

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