Nana Asma’u, princesse d’Afrique

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Née en 1207 de l’hégire (1793), elle est la fille du célèbre calife de Sokoto, ʿUthmān ibn Muḥammad Fūdī (Usman Dan Fodio), l’imam et souverain derrière le plus puissant Etat musulman d’Afrique d’époque, dans l’actuelle région du Nigéria. Éduquée par son père aux lettres, au droit malikite et à la théologie musulmane, elle est l’auteure d’une quarantaine d’ouvrages et recueils de poèmes dont son Wakar Gewaye (Le voyage) portant sur la guerre menée par son père. Parlant le peul, mais aussi l’arabe, le haoussa et le touaregue, elle militait pour une plus large reconnaissance des femmes dans sa communauté; autour de ses 40 ans, elle créait d’ailleurs des groupes d’enseignantes ayant vocation à parcourir le califat afin de donner leçons aux désireuses d’apprendre. Elle aimait rappeler les textes scripturaires et les récits historiques faisant les louanges des femmes de bien. Son statut de “princesse” ne l’avait jamais détourné des simplicités, vivant de peu, elle avait après une carrière d’enseignante et d’auteure prolifique quitté ce monde en 1280H (1864). Elle est depuis l’une des figures islamiques majeures de l’est africain.

Renaud K.


Pour en savoir plus :

  • Jean Boyd, The Caliph’s Sister: Nana Asma’u 1793–1865: Teacher, Poet and Islamic LeaderTotowa (New Jersey), Frank Cass & Co. Ltd., 1989,
  • Jean Boyd, Murray Last. « The Role of Women as ‘Agents Religieux’ in Sokoto », Canadian Journal of African Studies/Revue Canadienne des Études Africaines, Vol. 19, No. 2 (1985), pp. 283–300.
  • Aisha R. Masterton, One Woman’s Jihad: Nana Asma’u, Scholar and Scribe – book reviewAfrican Arts, Winter 2001.