Marseille et ses musulmans médiévaux⠀ ⠀

“(…) En 1414H (1994), des fouilles menées par Marc Bouiron sur la place Charles de Gaulle ont révélé un ensemble de 8 tombes regroupant 9 individus. Les tombes ont été datées (…) vers la fin du 13e siècle chrétien. Non seulement la position caractéristique des tombes et des corps, c’est le fait qu’elles aient été trouvées dans une zone plus en marge du cimetière chrétien de l’hôpital du Saint Sépulcre, près des remparts médiévaux, qui renforce leur nature non-chrétienne. (…) Certaines analyses montrent des indices caractéristiques génétiques de groupe réduit et isolé : ce qui pourrait attester de l’existence d’une petite communauté musulmane endogame vivant recluse. Selon l’interprétation privilégiée par les archéologues, il s’agirait peut-être d’un groupe d’artisans, pouvant appartenir à une même structure familiale, de passage ou résidents de Marseille. Mais le fait qu’ils aient été inhumés en respectant les fondamentaux du rite et dans une zone précise montre l’existence coutumière d’une présence musulmane dans la ville ou dans sa région à cette date. Ces tombes sont à relier avec la découverte en 1413H (1993) dans l’ancien quartier dit des Potiers de la ville d’un four de style Islamique datant du 12e siècle chrétien qui permettait de produire de la vaisselle et de la céramique arabe sur le site de Marseille lui-même. (…) D’autant plus que la présence de commerçants musulmans est attestée dans la ville jusqu’au 13e siècle chrétien par des sources documentaires, un livre de commerce (De dacita sarracenorum/ des taxes sarrasines) prévoit de faire payer des droits de 10% aux musulmans et le traité de 1270 conclu entre Louis IX et les Hafsides de Tunis prévoit le libre commerce des sujets du sultan en France. Pour clôturer sur Marseille, rappelons le travail de l’Abbé Bargès dans son “Inscriptions arabes qui se voyaient autrefois dans la ville de Marseille” qui a eu le mérite de recenser et de garder la trace de plusieurs inscriptions arabes, souvent antérieures au 12e siècle, qui attestent d’une présence/passage arabe dans la ville. (…)”⠀

L’article, rédigé par Aissam Aït Yahya des Éditions Nawa, est à retrouver dans son intégralité dans le numéro 6 de Sarrazins, en vente ici :



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