Extraits

“Mahomet” ?

“Des variantes du nom de Muḥammad ont été communément utilisées en Europe depuis le milieu du Moyen Âge afin de désigner le Prophète de l’islam (pssl). On retrouve ainsi très tôt, du Portugal à l’Italie, les noms de Mahomad, Hamete, Mafomad ou Mafamede en lieu et place de Muḥammad. En France, on l’aperçoit sous la forme de Mahumet dans une première traduction du Qu’rān, en latin, datant du 12e siècle chrétien. C’est alors l’oeuvre de Pierre Le Vénérable, célèbre abbé de Cluny derrière les premiers travaux en islamologie en France, qui est dit avoir été accompagné dans sa tâche par un musulman ramené en France, un certain Mahumet. Peu après, c’est le nom de Mhumeto qu’on lit sous la plume de Thomas d’Aquin, puis d’autres variantes, tels Mahomete, Machomete et Mahom, puis enfin, la forme connue de Mahomet, plus tard, au siècle des Lumières. Simple translittération – maladroite – ou dépréciation volontaire ? Que Mahomet soit une francisation d’un “Mahumid” – un quolibet arabe inventé par des Juifs signifiant “le non-loué” – relève d’une légende urbaine (et récente) n’ayant ni fondements ni traces historiques. Il est par contre fréquent de retrouver dans les langues d’Europe médiévale les racines du terme de Mahumet (et ses semblables) en d’autres termes peu élogieux. Que cela soit la forme de maumetz, machamote, maumez, machumet ou mahumez, il s’agit de nommer une idole; parfois l’idole qu’est censé incarner le Prophète de l’islam (pssl) pour les musulmans aux yeux de chrétiens peu au fait. De Mahomet à Baphomet, il n’y a alors qu’un pas et nombreux seront les historiens à penser que les Croisés, croyant entendre les musulmans appeler Baphomet dans leurs invocations au combat, s’étaient ainsi mépris et avaient permis à la diffusion du quiproquo. Baphomet devenant Mahomet (…)”

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