“(…) L’érudit Muḥibb al-Dīn Ibn al-Najjār (7e siècle H/13e siècle G) aurait appris le Ḥadīth de près de 400 femmes savantes; Ibn ʿAsākir, célèbre historien du siècle précédent, a quant à lui étudié auprès de plus de 80 d’entre elles. Il obtiendra d’ailleurs une Ijāza de l’une après avoir mémorisé le Muwaṭṭa de l’imam Mālik. Entre eux deux, c’est le hanbalite Ibn al-Jawzī que l’on peut entendre faire les éloges de trois savantes qu’il décrit parmi ses principales sources. Ibn al-Athīr (l’un des plus grands historiens arabes) et Ibn Qayyim ne manqueront non plus pas de lignes concernant leurs enseignantes et l’on se rappelle de tout le bien qu’Ibn Taymiyya pouvait dire de sa professeure Zaynab Bint Makkī. (…) Le Mu’jam d’ʿAbd al-ʿAzīz ibn ‘Umar ibn Fahd, publié en 861H (1457G) contient dans sa bibliographie le nom de 130 femmes parmi les 1100 savants mentionnés; l’andalou al-Qurṭubī en évoquait plus tôt 381 dans son Istīʻāb fī maʻrifat al-Aṣhāb. (…) En somme, le nombre de femmes ayant excellé dans les sciences religieuses paraît vertigineux : une encyclopédie réalisée en 1442H (2021G) par l’érudit indien Muḥammad Akram Nadwī, al-Wafā’ bi asmā’ al-Nisā’, énonce la biographie de pas moins de 10 000 savantes, rien que dans le domaine du Ḥadīth (…)”.


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