Les sciences en terre d’Islam

“(…) En optique, les découvertes vont être considérables. Ibn Sahl va déjà divulguer cinq siècles avant Descartes la loi de la réfraction, démontrant dans un traité rédigé en 373H (984) sur les miroirs ardents comment miroirs, courbes et lentilles pouvaient focaliser la lumière en un même point. Mais c’est surtout avec son élève, Ibn al-Haytham que le genre se voit bouleversé. Né en 354H (965) à Bassora, il est – faut-il le rappeler – considéré par ses contemporains comme le premier à avoir introduit la méthode scientifique telle que connue aujourd’hui (observation / définition du problème / formulation de l’hypothèse / vérification au moyen de l’expérimentation / analyse des résultats / interprétation / publication des résultats), ce qui fait de lui, pour certains, le premier véritable scientifique de l’Histoire. Savant en philosophie, astronomie, mathématiques et médecine, sur les deux cents ouvrages lui étant attribués, 21 traitent de physique, dont 16 uniquement d’optique. Très critique, il va complètement réviser les conclusions des savants antiques. Travaillant sur la réflexion et la réfraction de la lumière, il va véritablement battre en brèche les conclusions d’Euclide et Ptolémée : eux pensaient que la lumière émanait des yeux, éclairant ainsi les objets, lui, prouvera le contraire. L’oeil est alors un instrument optique et la lumière une entité physique bien indépendante. Aristote avait déjà en son temps émis cette conclusion, mais sans la vérifier, Ibn al-Haytham le fera. Son Kitab al-Manazir (Traité d’optique), rédigé en six années, et son Risala fi l Daw (Traité de la lumière), va ainsi révolutionner le genre. Il faisait d’ailleurs tous ses travaux dans une chambre noire dont on lui doit aussi l’invention. En tant que véritable ingénieur de la lumière, il démontra que la lumière de la lune n’était aussi que celle du soleil se reflétant sur elle. Ses travaux seront plus tard augmentés et corriger par Qutb al-Din al-Shirazi ou encore par al-Farisi, qui en son Tanqih Kitab al Manazir, va alors focaliser son attention sur l’étude de l’arc-en-ciel. (…)”

Renaud K.

L’article est à consulter dans son intégralité dans le N°1 de Sarrazins, à précommander ici :

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