Les Omeyyades face à l’Empire juif des Khazars

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Au milieu du 1e siècle de l’hégire (650), les Omeyyades sont en pleine expansion. Marchant sur le Maghreb, l’Anatolie et la Perse, ils affrontent depuis Damas les Chinois autant que les Byzantins. Un État, depuis presque oublié, allait au milieu de tout cela leur causer bien du tort : l’Empire khazar. Vieux de quelques générations, l’Empire est composé de Turcs, des khazars, établis au Caucase et dont les terres allaient de l’est de l’Ukraine à l’Asie Centrale. De religion tangriste, ses élites – puis une partie du peuple – s’était depuis peu convertie au judaïsme et y avait instaurer la Loi juive. Ils sont puissants, ont de nombreux Etats vassaux, et savent tenir en respect les Perses autant que les Rus’ de Kiev et les musulmans du califat des Omeyyades. Ce sont les Khazars qui vont ainsi empêcher toute avancée de l’islam au-delà du Caucase, battant alors les troupes califales aux pieds des monts de la région. Laissé en paix par les Abbassides suivants, l’Empire juif allait tenir jusqu’à la fin du 10e siècle chrétien, vaincu par les Rus, lesquels vont pousser à l’exil les juifs locaux qui iront s’installer dans l’Empire byzantin et l’Europe de l’est. C’est ainsi que les juifs khazars seraient selon de nombreux historiens les ancêtres des Ashkénazes – les juifs d’Occident – faisant ainsi de ces derniers des descendants, non pas de sang, mais spirituels des fils d’Israël. Une correspondance datant du 10e siècle chrétien entre le lettré juif Hasdai ibn Shaprut, ministre des affaires étrangères du calife andalou ʿAbd al-Raḥmān III, et Joseph, roi des Khazars, offre un témoignage profond de l’ex-Empire, premier État juif de l’histoire post J.C.

 

Renaud K.