Les martyrs de Najran

Au début du 6ème siècle chrétien, Yusuf Dhu Nuwas prenait la tête du royaume Himyarite, actuel Yémen. Se faisant Juif, il entrait en conflit ouvert avec le Negus de l’Éthiopie voisine. Décidé à faire de sa foi celle de tous, il avait mené une campagne de persécution de ses sujets chrétiens, détruisant églises et villages, qui avait alors atteint ses sommets en 524, lors du siège de Najran.

Plus ancienne cité chrétienne de la péninsule arabe selon Ibn Ishaq, le roi juif y avait fait tuer tous ceux ayant refuser d’apostasier et de se faire Juifs. Selon les récits, ceux que l’on nommera les Martyrs de Najran furent au choix égorgés, brûlés vifs, ou contraints à boire le sang de leurs propres enfants. Si des sources parlent de 400 morts, d’autres en mentionnent 20 000. Vite alertés, Byzantins et Éthiopiens s’étaient alors alliés contre Dhu Nuwas, qui, défait, trouvera la mort. Il se serait même, selon la tradition arabe, jeté en mer à cheval pour y mourir… Conquis par l’Éthiopie et christianisé, le royaume est cependant vite ré-occupé par la Perse voisine avant d’être entièrement islamisé en 628.

D’après de nombreux exégètes du Coran, les martyrs de Najran ne sont autre que les hommes de Ukhdoud mentionnés au verset 4 de la sourate 85.

Renaud K.