Les Fatimides, ou le califat chiite d’Égypte

De 358 H à 566 H (969 à 1171), l’Égypte aura connu une interlude toute particulière. La terre des pharaons devenue terre d’islam aura en effet été gouvernée deux cents ans durant par des Ismaéliens, des Chiites représentés par la dynastie des Fatimides.

D’abord constitués en un imamat instauré en 296 H (909) dans l’est de l’Algérie, ces chiites obéissant à Ubayd Allah ibn Husayn durent face à la résistance malikite fuir le Maghreb pour l’Égypte, qu’ils prennent grâce aux efforts du général (d’origine sicilienne) Jawhar al Siqilli. Marchant jusqu’en Syrie, les Fatimides vont encore gagner Malte et la Sicile, poser le pied en Italie, affrontant directement les Byzantins. Ubayd Allah, déjà renommé al Mahdi, s’y fait alors contre toute attente nommé calife, faisant de l’Etat fatimide le seul et unique califat chiite de l’histoire. Les imams s’y succèdant, c’est sous les Fatimides, devenus les leaders du monde musulman pour l’Europe, que sont d’ailleurs fondées al Qayra (Le Caire) et l’université al Azhar.

S’alliant parfois aux Chrétiens contre les Abbassides et Turcs, les Fatimides finirent sur leur fin par se tourner vers le voisin sunnite afin de se sauver des Croisés. Profitant de la situation, ces derniers réinvestissent l’Égypte par l’entremise d’un homme qui allait changer le cours de l’histoire : Salahuddin al Ayyoubi. Le chef de guerre kurde allait ainsi en quelques coups de maître s’y imposer et détruire le califat fatimide, refaisant en Egypte du sunnisme (chaféite) la Loi.

Renaud K.