Les Bachi-bouzouks

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Du turc başıbozuk (sa tête ne fonctionne pas), le bachi-bouzouk était un mercenaire employé par l’empire ottoman, qui, monté à cheval et légèrement équipé, servait dans divers conflits. Ils s’étaient notamment illustrés dans les sièges de Vienne ou lors de la chute de Constantinople en 857 H (1453), comme au cours des nombreux raids décidés par les sultans lors des mouvements de pacification des Balkans. 

Ces hommes en armes n’étaient pas des officiels, ils ne bénéficiaient donc pas d’une formation standardisée et ne recevaient aucune solde des autorités. Recrutés parmi les populations bulgares, albanaises, kurdes ou circassiennes, les bachi-bouzouks inspiraient alors tant la bravoure que la crainte. Pour cause, gagnant leur vie au travers du butin, ils pouvaient se montrer d’une violence redoutable, tel lors de la révolte des nationalistes bulgares contre l’autorité ottomane en 1293 H (1876) ou encore en ce jour de 1327 H (1909) où ils furent utilisés par les Jeunes turcs contre les Arméniens à Adana. 

Aussi et surtout, les bachi-bouzouks avaient fini par gagner une réputation de miliciens sans peu de discipline. Dans la langue française, le terme devint d’ailleurs rapidement un sobriquet donné à qui de droit. Le terme rentrait définitivement dans le langage courant lorsque Hergé, dessinateur de la bande dessinée Tintin, le mit régulièrement dans la bouche de l’un de ses personnages, le capitaine Haddock.

Renaud K.