Le livre d’al-Jazarī

En 602H (1206), un ouvrage débarque dans l’Orient médiéval qui bientôt allait bouleverser le monde savant : le Kitāb fī ma ‘rifat al-ḥiyal al-handasiyya. L’auteur est alors Abū l-ʿIzz Ismāʿīl ibn al-Razzāz, plus connu sous le nom d’al-Jazarī. Né en 530H (1136) dans le sud de l’actuelle Turquie, il est l’ingénieur et inventeur de son siècle; son influence sera telle qu’il est aujourd’hui très largement considéré comme le Léonard de Vinci du monde musulman. Oeuvrant pour le palais artukide – dynastie locale, turque, régnante et vassale des Abbassides d’époque – il avait alors eu pour mission de produire le livre manquant à l’ingénierie. Son livre se présente donc comme un traité – mis en image – sur la mécanique et les pendules. 25 ans d’études lui avaient permis d’y incorporer des objets et mécanismes des plus insolites. Fontaines et horloges à bougies y côtoient des automates musicaux et même des appareils à verser le vin. De nombreux objets sont même le fruit de ses inventions, tels ses pompes et machines hydrauliques (qui allaient servir jusqu’en al-Andalus dans l’agriculture), son bateau musical, sa pompe aspirante automatique (ancêtre du moteur à vapeur), son horloge hydraulique en forme d’éléphant (reproduite et visible à Dubaï), sa manivelle ou encore ses humanoïdes mécaniques programmables. L’eau est alors l’élément liant les différents objets entre eux; l’électricité n’existant pas, les automatismes sont ainsi très souvent le fait du mouvement de l’eau. Devenu un classique dès sa publication, le livre d’al-Jazarī était de son vivant déjà recopié dans tout le monde musulman et bientôt, dans une Europe toute curieuse de ses étrangetés venues d’Orient. 

Renaud K.

Pour en savoir plus :

  • Donald Hill « al-Jazari » dans Helaine Selin, Encyclopaedia of the History of Science, Technology, and Medicine in Non-Western Cultures, Springer-Verlag, 2008, p. 130-131

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