Le jardin en Islam

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(…) Avec l’émergence de nombre d’avancées techniques, du 8e au 11e siècle chrétien, le style du jardin d’Orient se distingue davantage. L’usage de l’eau par l’homme instaure alors une architecture paysagiste tout à fait innovante, marquée par une dimension rayonnante et une signature qui lui est désormais propre. Du 9e au 12e siècle chrétien, les constructions destinées au contrôle de l’eau, comme les ponts ou barrages, se multiplient considérablement. Différents modes d’irrigation hautement sophistiqués apparaissent et deviennent possibles de manière continue grâce au puisement des nappes phréatiques par le biais de puits (qanat). Nous sommes alors en plein dans « l’âge d’or hydraulique » arabo-musulman, qui marque un tournant révolutionnaire en termes de prouesses technologiques, scientifiques et urbanistiques. L’art du paysage croît dans un contexte environnemental peu favorable, poussant les Arabes à développer leur maîtrise des éléments naturels et à initier, d’une certaine manière, les prémisses du développement durable. Al-Jazari, génie irakien du 12e siècle chrétien de la mécanique, mathématicien, ingénieur et auteur de Connaissances des procédés mécaniques est particulièrement sensible aux problèmes d’approvisionnement en eau, lui-même, habitant l’une des régions les plus chaudes de la planète. Il s’est alors naturellement consacré à la mise au point d’une série de machines extraordinaires dans le but de faciliter la vie des femmes et des hommes. Parmi ses inventions remarquables, on trouve plusieurs systèmes de pompes hydrauliques automatiques destinées à remonter l’eau des profondeurs de la terre, et ce, sans l’intervention humaine. Ainsi, il parvient à exploiter l’eau comme source d’énergie. Al Jazari, surnommé « le père de la robotique », doté d’un esprit visionnaire, initie la réflexion et la conception de robots et de l’automatisation. C’est à ce titre qu’il peut être compté parmi les pères du monde moderne, et ce, deux cents ans avant ses conpairs à venir issus de la Renaissance. (…)

 

Anissa Bemmoussat


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