Le Canon de la médecine d’Ibn Sīnā

“(…) À l’entrée du second millénaire chrétien, le monde musulman vit les dernières heures de son apogée scientifique. Tous les domaines savants ont connu leur révolution au travers d’auteurs et chercheurs restés dans l’Histoire et la tendance commence à ralentir. Mais il reste à paraître, en médecine, l’ouvrage qui fera l’unanimité et pour longtemps : le Qānūn fī l-ṭibb, ou Le Canon de la médecine d’Ibn Sīnā. (…) Rédigé sur une période de près de 10 ans, son Qānūn explore tous les recoins et profondeurs de la médecine. Si 160 chapitres nous sont parvenus aujourd’hui, certains estiment son total originel à plus de 400; il s’agit en somme d’une immense encyclopédie totalisant l’ensemble du savoir médical connu de son temps. L’inspiration est grecque, parfois perse, indienne, mais aussi juive et arabe, mais il s’agit d’une oeuvre bien originale dans le sens que son auteur y présente aussi bien ce qui est déjà su que ce qu’il a expérimenté. L’une des innovations majeures du Qānūn consiste en ce que, par rapport aux traités précédents de médecine, Ibn Sīnā y abandonne la séparation entre théorie et pratique pour faire de la médecine une science subordonnée à la philosophie naturelle. (…) Son Qānūn dépassant le million de mots, un résumé est rédigé dans la foulée : le Urjūza-fı̄ al-ṭibb. Il s’agit en réalité d’un abrégé didactique se présentant sous la forme d’un poème rythmé de 1326 vers, destiné à être appris par cœur selon l’habitude de l’époque. C’est d’ailleurs cette version du Qānūn qui, traduite en latin dès 683H (1284) à Montpellier par Armengaud Blaise, servira dans les universités médiévales européennes. (…) Figurant parmi les premiers titres arabes traduits en latin (et en hébreu), le Qānūn, ou son abrégé, est jusqu’à la fin de la Renaissance l’ouvrage médical de référence de tous étudiants et professeurs européens, de Bologne à Paris. Il faut parfois plusieurs mois de salaire pour s’en procurer une copie sur les marchés de Florence. Il s’agit d’ailleurs de l’un des premiers livres à être imprimé en langue arabe, en 1001H (1593), à Rome, et longtemps durant, de l’ouvrage le plus souvent imprimé après la Bible. (…)”

Cet extrait est à retrouver dans notre ouvrage, “Les 101 grands moments de l’Islam”, en vente ici :

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