La Grande mosquée de Damas

 

« Il y a dans cette ville une mosquée qui surpasse en beauté et en composition architecturale toutes les autres su territoire de l’islam. Les murs, ainsi que la coupole qui surmonte le mirhab, près de la Maqsura, sont l’oeuvre des sabéens: c’était leur temple. Puis il passa aux mains des Grecs qui y célébraient leur culte. Plus tard, il devint la propriété des Juifs et de certains princes adorateurs de statues et d’idoles. C’est à cette époque que fut tué Jean, fils de Zacharie, que sur eux soit le salut. Sa tête fut exposée au-dessus de la porte appelée Bab Djairun. C’est alors que les Chrétiens prirent possession de l’édifice ; par leurs soins, il devint une église, dans laquelle ils célébraient leur culte jusqu’à l’apparition de l’islam. L’endroit devint la propriété des musulmans, qui en firent une mosquée. Au-dessus du Bab Djairun, à la place même où avait suspendu le chef de Jean, fils de Zacharie, on accrocha la tête de Husain ibn Ali sur eux tous soit le salut. Walid ibn Abd al Malik restaura l’édifice pendant son règne. Il fit paver le sol de marbre et lambrissa les parois en marbre bigarré ; les colonnes furent faites en marbre tacheté ; les clefs de voûte et les chapiteaux des colonnes étaient en or ; et le mirhab, doré et incrusté de pierreries. Le tour des plafonds fut doré et orné d’inscriptions sur les autres côtés des murs de la mosquée. On dit que cette restauration engloutit plusieurs années de l’impôt foncier de la Syrie. La terrasse est en plomb: lorsqu’on y verse de l’eau pour la nettoyer, celle-ci coule alors tout autour du périmètre de la mosquée, si bien qu’en lui donnant libre cours, elle se répand normalement hors du bâtiment et de ses angles. »(1)

R. Klingler

(1) Ibn Hawqal, cité dans « La configuration de la Terre », de J.H. Kramers et G. Wiet, 1965, pages 171-172

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