“(…) A la fin du Moyen-âge, c’est un certain Aḥmād ibn Yaḥyā al-Wansharīsī qui accroche encore son nom parmi les éléments notoires du malikisme. Né vers 833H (1430G) dans ce qui actuellement le nord-ouest de l’Algérie sous les Zianides de Tlemcen, puis décédé en 913H (1508G) à Fès au temps des Wattassides, il est l’un des imams de son temps les plus impliqués quant à la situation de crise vécue par les musulmans d’al-Andalus. Vaincus par les Castillans et Aragonais après la chute de l’Emirat de Grenade en 897H (1492G), les musulmans d’al-Andalus subissent sous le joug chrétien des vexations de plus en plus importantes. Les questions fusent en direction des juristes quant à savoir quoi faire. Entre deux ouvrages rédigés dans le droit et le notariat (il relate dans son Manhaj al-fā’iq wa-al-manhal al-rā’iq wa-al-ma’ná al-lā’iq bi-ādāb al-muwaththaq wa-aḥkām al-wathā’iq les traits de caractère nécéssaires au notaire, ainsi que les exigences d’un document juridique islamique, etc…), il publie ainsi plusieurs fatwas sur le statut du musulman résidant en terre chrétienne (ici, Grenade). D’abord d’une intransigeance marquée, décrétant l’impossibilité pour le musulman de subsister là où la croix s’est substituée au croissant (voir son œuvre en douze volumes : al-Mi`yār al-Mu’rib), il avait alors marqué les esprits par sa célèbre « fatwa d’Oran ». Publiée en 909H (1504G), la fatwa, beaucoup plus nuancée, proposait aux croyants incapables de quitter leurs terres de camoufler leur religiosité faute de mieux et même, de se conformer extérieurement au christianisme dans les cas les plus extrêmes. Des musulmans sont alors vus dans des églises, s’abstenir de jeûner durant le mois de ramaḍān ou se contenter des ablutions sèches pour mieux prier en cachette (…)”

Cet extrait est à retrouver dans le N°1 de Sarrazins, en vente ici :

Sarrazins N°1 (Réédition)