Al-Anṣārī al-Harawī, un mystique parmi les Hanbalites

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Figure majeure de la ville d’Herat en Afghanistan, Khwaja Abd-Allāh al-Anṣārī est de ces traditionalistes hanbalis médiévaux ayant propulsé le Tassawuf à ses sommets. Né en 396H (1006), ce descendant direct d’Abū Ayyub al-Anṣārī effectue d’abord ses études dans les centres islamiques que furent Nishapur et Tus avant de prendre pour enseignant l’imam Abūl-Hassan Kharaqani. Devenu dès l’âge de 14 ans un poète reconnu, il va alors réaliser certains des plus grands ouvrages de la littérature persane, connus en langue française au travers des traductions du frère dominicain Serge de Laugier de Beau-recueil. Son Manāzil al-Sāʼirīn, livre où il explicite les différentes stations à traverser pour le croyant dans sa quête du divin, avait influencé un grand nombre de savants, dont Ibn al-Jawzī et Ibn al-Qayyim, qui en fera un commentaire des plus fameux.

Au-delà d’avoir été un fervent hanbalite dans le droit, il fut un haut représentant de l’atharisme, se faisant remarquer pour ses prises de position acerbes à l’égard des philosophes et asharites de son temps. En son Dhamm al kalām wa ahlihi, il fustige, citations de savants des diverses écoles le précédant à l’appui, la spéculation théologique parmi les savants. Il sera pour cela plusieurs fois menacé de mort et sommé à l’exil. Contre les jahmites, il se fera plus vif encore. L’ouvrage qui leur est consacré se suffit d’ailleurs à son titre : Takfir al Jahmiyya, soit la mécréance des jahmites. Savant du ḥadīth, il était aussi un historien reconnu. En chacun de ces domaines, il avait par ailleurs écrit à la fois en arabe et en persan. Il mourrait en 481H (1089). Deux siècles plus tard, sa tombe, élevée sous la dynastie des Timourides, devint un haut lieu de pèlerinage.

 

Renaud K.


Pour en savoir plus :

Arthur John Arberry, Sufism: an account of the mystics of Islam, Courier Dover Publications, 2001

Beaurecueil S., “al-Anṣārī al-Harawī”, Encyclopédie de l’Islam.