Khawlāh la guerrière

Née au début du 7e siècle chrétien, Khawlāh bint al-Azwār est connue comme l’une des guerrières les plus célèbres de l’Histoire. Fille d’un chef tribal du Hijaz, elle avait, jeune, embrassé l’islam du vivant du Prophète Muḥammad ﷺ avant d’intégrer les troupes de l’Empire islamique des compagnons. Elle participait ainsi aux célèbres des batailles menées sous les califats d’Abū Bakr et ‘Umar, dont Yarmouk, contre l’Empire byzantin en 15 de l’hégire (636). En celle-ci, elle avait mené une unité de femmes contre les chrétiens avant de tuer l’un de leurs commandants; ailleurs, elle avait, après s’être fait capturer, su s’échapper en faisant, aidée d’autres prisonnières, massacrer une trentaine de gardes. Le chef byzantin qui s’apprêtait à s’en faire une concubine d’un soir eut à l’occasion la tête tranchée par ses soins. Parfois en arrière à soigner les blessés ou à revigorer le moral des troupes en citant quelques vers, on voyait encore Khawlāh à la tête de cavalières poursuivant les fuyards ici et là. Son fait d’armes le plus mémorable aura lieu lors de la bataille d’Ajnadayn, en 13H (634). Tandis que musulmans et Byzantins s’affrontaient sous un soleil ardent, les premiers perdaient l’un de leurs plus valeureux commandants : Diraar. Capturé par les Byzantins, l’homme, torse nu au combat, était connu pour sa férocité; narguant sans cesse l’ennemi, il faisait tant de morts que sa réputation côtoyait celle de son général, le célèbre Khālid ibn al-Walīd. Une prise de choix, mais une mauvaise pioche pour les Byzantins : Diraar et Khawlāh étaient frères et soeurs. En apprenant la nouvelle, elle s’était enfoncée, seule, dans le camp ennemi, le visage caché sous un châle vert, faisant tomber un à un qui s’approchait, jusqu’à réussir à causer la brèche qui allait mener les musulmans vers Diraar. Khālid ibn al-Walīd n’avait eu de cesse de l’interpeller, cherchant à savoir qui était cet implacable guerrier; en vain, elle esquivait son regard et garda le silence jusqu’au bout. Quelle stupeur le prit quand il apprit que le guerrier était en réalité une guerrière ! Khawlāh avait par ce fait d’armes certes retrouvé son frère, mais elle était surtout rentré depuis dans la légende. 

Renaud K.


Pour en savoir plus :

  • Sayfollah, Abu Soleiman al-Kaabi, Nawa Editions, 2019 (réédition)

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