Ibn Khalaf al-Murādī, le Léonard de Vinci de l’islam

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Savant andalou et musulman ayant vécu dans l’Espagne divisée des Taïfas du 11ème siècle chrétien, Aḥmad Ibn Khalaf al-Murādī aura été l’un des plus remarquables inventeurs médiévaux. Sa vie et son parcours ne nous sont guère connus, mais sa seule oeuvre ayant traversé le temps, le Kitāb al-asrār fī natā’ij al-afkār (Le Livre des secrets résultant des pensées) aura été suffisante pour le faire entrer au panthéon des grands érudits. En fait recopié dans une autre oeuvre, celle d’Ibn Sid, un savant musulman ayant travaillé à la cour d’Alphonse X, l’ouvrage de l’Andalou contient 30 chapitres faisant la description de nombreux appareils et automates d’époque. Entre des maquettes de machine volantes, une bicyclette, et même, un scaphandre, l’on pouvait encore trouver des objets pour le moins improbables. Sa clepsydre aux gazelles, sorte d’horloge à eau ludique, mettait ainsi en scène de petits personnages évoluant dans un palais, le tout mis en mouvement par l’eau, du mercure et des poulies. Grâce à un similaire procédé hydraulique, il avait encore créé le premier calendrier automatique de l’histoire. Avec al-Zarqali, astronome le plus renommé de son temps, il réalisera encore la maquette d’un astrolabe voulu comme universel. Tout comme Léonard de Vinci plus tard, qui n’est pour beaucoup que son pendant latin, il s’intéressera à l’art de la guerre. Il avait ainsi imaginé une machine de guerre consistant en un bélier posé sur une plateforme s’élevant grâce à un jeu de poulies et de cordes afin d’abattre les fortifications ennemies. Sa date de naissance, et de décès, nous sont toutes deux inconnues.