Ibn Hazm, ce poète andalou

« J’ai foulé les tapis des Califes, assisté aux réunions des rois; mais jamais je n’y ai constaté une vénération mêlée de crainte qui puisse se comparer à celle que manifeste l’amant à l’égard de son aimé… J’ai vu l’autorité exercée par les Vizirs, connu les satisfactions qu’éprouvent les hommes d’Etat, mais je n’ai jamais vu épanouissement plus intense, plus vif contentement de son sort que celui d’un amant qui est sûr de posséder le coeur de son aimé… J’ai vu comment les gens s’excusaient en présence des souverains; … leur comportement était moins humble que celui d’un amant éperdu en présence de son aimé courroucé, transporté de colère et plein de dureté »

Ibn Hazm, Le collier de la colombe, pp.182-183