Ibn Ḥazm, le regard d’un amoureux

“J’ai foulé le tapis des califes, j’ai siégé au conseil des rois. Je n’y ai jamais rien constaté qui approche la crainte ré­ vérencieuse que l’amant montre à son aimé. J’ai vu les vainqueurs tenir à leur merci la vie d’un chef ennemi, (…) j’ai partagé l’heureuse outrecuidance de ceux qui dirigent l’État ; mais je n’ai jamais observé d’exultation plus intense, de joie plus rayonnante que celle d’un amant certain du cœur de son aimé, assuré du penchant qu’on a pour lui (…). J’étais là quand on faisait paraître en présence des souverains des gens qui avaient à se disculper (…). Mais je n’ai rien vu de plus humble qu’un amant interdit devant celui qu’il aime avec égarement, quand il est irrité, aveuglé par la colère et submergé par l’injustice. Les accusations (…) viennent au début et à la fin de l’amour ; au début, comme signe d’un amour vrai ; à la fin comme signe d’une tiédeur qui annonce déjà les lointains de l’oubli.”

Ibn Ḥazm, dans le “Collier de la colombe”, cité dans le N°4 de Sarrazins, en vente ici :

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