Hama 82′, ou le massacre d’Hafez al Assad

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Le 2 février de l’année 1982 du calendrier chrétien, le président syrien (et père de Bachar) Hafez al-Assad assiégeait la ville de Hama. Durant 27 jours il fit par l’entremise de son armée, massacrer près de 35 000 de ses habitants sous couvert de lutte contre le terrorisme. Après avoir véritablement pilonner la ville à l’aide de frappes aériennes répétées, la ville sera investit par la garde prétorienne du président alaouite, qui, dans le silence international le plus total, va s’adonner à une épuration sans nom. Empêchant le moindre organe médiatique ou étranger de s’approcher de la ville, il avait fallu plusieurs semaines avant que de premières informations commencent à filtrer. Amnesty International, qui avait pu enquêter ensuite, déclarera dans son rapport qu’une importante utilisation de gaz à base de cyanite avait été faite, et que, quartiers par quartiers, des familles entières avaient été exécutées.
 
L’objectif du régime baathiste : éradiquer le mouvement des Frères Musulmans. Actifs dans le pays depuis plusieurs années, ils avaient été derrière plusieurs attentats ayant ciblé le régime et son armée, appelant les Sunnites au Jihad contre le régime laïc qualifié d’infidèle et illégitime. Le massacre de Hama signa la fin de l’activité des Frères Musulmans dans le pays. Condamnés à l’exil quand ils ne trouvent pas la mort (ceux en prison sont fusillés dans leurs cellules), nombre d’entre eux trouvent alors refuge dans les pays voisins dont l’Arabie saoudite. Durant les quatre semaines de siège, personne ne vint soutenir les habitants de Hama; Hafez al-Assad en ressorti grand vainqueur, imposant dès lors dans le pays une politique de surveillance et de répression des plus sévères. Trente ans plus tard,c’est entre autre à Hama que la contestation prenait le plus d’ampleur contre son fils, Bachar al-Assad, inaugurant ainsi le conflit syrien que l’on connaît.
 
Renaud K.