Muhammad Asad

” (…) Muhammad Asad aura alors été en Palestine peu de temps après les premiers affrontements violents entre juifs et musulmans. L’immigration de plus en plus massive des premiers et la mise sous tutelle des seconds par les Européens ont porté les tensions à leur comble, d’autant plus que le statut politique du pays n’est même pas fixé. Des rencontres qu’il fait et de ce qu’il observe, il va rapidement tirer des analyses très critiques sur le sionisme, ce même avant qu’il ne se fasse musulman. Certains de ses billets sont même refusés par le journal allemand pour lequel il travaille. À côté de la portée colonisatrice et intrinsèquement violente du projet sioniste, il voit aussi dans celui-ci une indirecte façon d’exporter les problèmes mêmes de la société européenne. D’autant plus que les Juifs européens lui semblent être en véritable disharmonie avec leur nouvel environnement. Son antisionisme s’exprime ainsi dès la première série de ses articles intitulés “Journal de voyage” parue durant l’été 1341 H (1923) et toujours dans le Frankfurter Zeitung. Évidemment, il se fait en Palestine beaucoup plus d’amis chez les Arabes que chez les Juifs, d’autant plus que ses idées en- traînent vite la méfiance du côté de ses coreligionnaires d’avant sa conversion à l’islam. S’il se fait tout de même quelques amis juifs sur place, le danger est là : l’un d’eux, Jacob Israël De Haan, journaliste hollandais juif et antisioniste comme lui, est victime d’un attentat l’année suivante (le 30 juin 1924) à la sortie d’une synagogue. “Ils [les Juifs] ne pouvaient pas comprendre ce que j’appréciais chez ces Arabes qui, d’après eux, n’étaient guère qu’une masse de gens arriérés, et ils avaient pour eux des sentiments assez peu différents de ceux de colons européens pour des indigènes d’Afrique centrale. Ils ne s’intéressaient à rien de ce que les Arabes pouvaient penser. Presque aucun d’eux ne prenait la peine d’apprendre l’arabe. Tous acceptaient sans discuter le dogme que la Palestine était l’héritage légitime des Juifs”. C’est en parallèle à la naissance du panarabisme à laquelle il assiste et prend même indirectement part. De 1345 à 1351 H (1927 à 1932), nous retrouvons en effet notre homme en Arabie nouvellement saoudite. (…)”

L’article est à consulter dans le N°1 de Sarrazins, en vente ici :

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