Ṣalāḥ al-Dīn, le récit d’une vie

“(…) Aux habituels raids, peu concluants, menés par Salahuddin contre les Etats Latins depuis plus de dix ans allait alors se substituer une bataille devenue légendaire : la bataille de Hattin. Au mois de muharram 583H (mars 1187), Salahuddin quitta Damas pour se lancer sur les terres de Renaud de Châtillon, dévastant son territoire, mais sans le trouver. (…) Au début du mois de rabi al-thani (juin 1187), l’ensemble des troupes musulmanes, d’Egypte comme de Syrie, furent ainsi réunies au nord de Bosra. Au total : quelque 30 000 moudjahidins étaient là. Campant aux abords du lac Tibériade, Salahuddin avait poussé les Croisés à venir le rencontrer à cet endroit. Sur place, harcelés par les flèches des musulmans qui leur avaient encore coupé toute possibilité de retraite, les Croisés furent contraints de quitter dans la débâcle le terrain, préférant la fuite en direction du village d’Hattin. Brisés par la fatigue et la chaleur, les Croisés ne trouvèrent une fois arrivés près du village pas une seule source d’eau disponible. Pour accroître leur désarroi, Salahuddin, qui les avait suivis, ordonna à ce qu’on enflamme la brousse environnante, rendant de surcroît l’air irrespirable pour les soldats du Christ. Entourant ces derniers de toutes parts, les soldats de Salahuddin parvinrent, après avoir repoussé une à une leurs puissantes et désespérées charges, jusqu’à la tente même du roi de Jérusalem. Ce dernier n’avait alors eu d’autres choix que de se rendre. Des milliers de morts plus tard, la bataille était finie. Les musulmans mirent alors les mains sur certains des plus puissants Croisés d’époque : Guillaume III de Montferrat, Onfroy IV de Toron, Renaud de Châtillon et donc, leur roi, Guy de Lusignan. Ce dernier fut traité de la plus belle des manières, se voyant même offrir à boire, Salahuddin consentant alors à lui octroyer la vie sauve, car il ne convenait pas, selon lui, qu’un roi en tue un autre. Renaud de Châtillon n’aura pas droit aux mêmes égards. Salahuddin s’approcha de lui, lui proposa l’islam avant de le décapiter de ses propres mains après son refus. Ordre sera alors donné de faire exécuter l’ensemble des Turcoples, (ex)musulmans passés du côté des chrétiens, ainsi que chacun des Templiers et Hospitaliers trouvés encore en vie. (…) Le reste des Francs fut réduit en esclaves pour mieux être vendu sur les marchés de Damas et d’ailleurs. Tant de Francs pouvaient même y être trouvés que leur valeur avait considérablement baissé, certains allant jusqu’à s’échanger contre une simple paire de sandales. Un bien plus précieux était cela dit tombé entre les mains de musulmans : une relique de la Croix ayant selon les chrétiens servie à la crucifixion d’Issa ibn Maryam, paix et salut sur lui. Sa perte, qui plus est dans les mains de musulmans, avait alors eu un retentissement considérable dans les rangs chrétiens. Fixée à l’envers sur une lance, ladite Croix sera d’ailleurs sous les rires des badauds montrée à la foule de Damas avant d’être envoyée au calife de Bagdad. Les chrétiens, malgré leurs demandes répétées, ne la reverront plus. L’armée de Jérusalem ayant été passablement décimée, les cadavres des Francs jonchèrent des mois durant le site, il ne restait à Salahuddin plus aucune entrave dans sa quête. (…) Il ne restait plus que Jérusalem. (…)”

L’intégralité de notre dossier sur Ṣalāḥ al-Dīn est à retrouver dans le N°2 de Sarrazins, en vente ici :

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