Et si les Ottomans avaient impulsé la Renaissance ?

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Si la période allant de la chute de Rome à la fin du moyen-âge fut pour l’Europe bien plus riche que l’on tend à le croire, il est commun de dater l’essor qu’on lui connaît toujours aujourd’hui à l’avènement de la Renaissance. Au développement des sciences, fruit d’une réappropriation des savoirs grecs et arabes, s’était à ce moment conjugué une découverte croissante du monde ou plutôt des mondes qui le constituait. Les Européens « découvrent » l’Amérique, investissent les Océans; ils s’emparent de l’ensemble des routes menant à Rome. Plus personne ne savait alors entraver l’avancée de cette Europe conquérante excepté l’Empire ottoman, alors au sommet de sa gloire. Bête noire de l’Occident chrétien, le géant Turc n’y est pourtant pas pour rien dans cet envol européen. En cette fin de Moyen-âge, que l’on date parfois à 1453 de l’ère chrétienne (857 de l’hégire) à la chute de Constantinople et de l’empire byzantin, les Ottomans ont la main mise sur l’ensemble du Moyen-Orient, d’une partie de l’Afrique du Nord et de l’ensemble des routes commerciales reliant l’Europe à l’Asie. Foncièrement nécessaires à la survie économique de l’Occident, ses routes, entravées par les tenants du croissant, empêchent les Européens de profiter du commerce international reliant la Chine aux royaumes chrétiens; s’en était fini de la mythique Route de la Soie. Pour empêcher la dépression de croître, ils se doivent en toute urgence de trouver des voies de substitution. Les Portugais songent alors à contourner l’Afrique, mais le chemin est long et périlleux, ainsi pensent-ils, Espagnols et armateurs européens aussi, à plutôt tenter la traversée de l’Atlantique. La Terre étant considérée comme sphérique, retrouver l’Asie de l’autre côté semble possible; le Génois Christophe Colomb s’en porte d’ailleurs garant. La suite est connue : ils ne trouveront pas l’Asie, mais un « Nouveau monde », riche, immense et prêt à être colonisé. Les Ottomans, pensant affaiblir l’Europe chrétienne en lui barrant la route vers l’Est, les avaient ainsi admirablement jeter vers l’Atlantique, et ce, pour le plus grand bonheur des rois et reines, savants, aventuriers et capitalistes de demain. 

Renaud K.

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