Dīnawarī, un savant au milieu des plantes et fleurs

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Astronome, métallurgiste, géographe, mathématicien et historien, Abū Ḥanīfah Aḥmad ibn Dāwūd, plus connu sous le nom de Dīnawarī, est un polymathe perse qui s’est pourtant fait connaître dans un tout autre domaine. Féru de nature, il est le botaniste le plus célèbre du Moyen-âge musulman. Né en 199 de l’hégire (815) au moment où les Abbassides connaissent leur apogée, Dīnawarī avait, de Basrah et Kufa, d’abord été formé à la grammaire et aux sciences techniques et humaines les plus diverses, ce qui lui avait permis de gagner la culture allant faire de lui l’encyclopédiste qu’il sera. Son oeuvre témoigne de son érudition. Auteur d’un ouvrage traitant de l’arithmétique indienne, le Kitāb al-baḥth fī ḥusā al-Hind, il s’était aussi penché sur le phénomène des tempêtes avec son Kitāb Al-Anwā ou encore écrit sur l’ascendance des Kurdes dans un Ansāb al-Akrād. Kitāb Kabīr – le Grand Livre – paraissait encore comme l’un des plus impressionnants ouvrages sur l’histoire des sciences en son époque. Ainsi de son Kitāb al-akhbār al-ṭiwāl, un considérable compendium historique. Mais la plupart de ses écrits ne nous sont pas parvenus. L’un d’eux, gardé à travers les siècles, aura en tout cas permis à l’homme de rester dans la cour des grands de l’Histoire savante : le Kitāb al-nabāt. Ouvrage botanique, Dīnawarī y fait la description de près de 1200 plantes, les classant comme dans un dictionnaire, en y narrant la façon de les cultiver et les différents stades de leur évolution. Quels sols leur sont favorables ? Quels usages peuvent en être faits ? L’auteur y répond avec un tel brio qu’il est tout logiquement considéré comme le premier botaniste musulman de l’histoire. Découverte en Europe par le biais de l’Allemand Silberberg plus de mille ans après sa parution, c’est à Muhammad Hamidullah que nous devons une version française du livre. Ayant vécu entre l’Orient et al-Andalus, il avait ainsi vu de ses propres yeux bien des espèces qu’il mentionne. Il mourrait après une carrière des plus prolifiques en 283H (896) dans sa ville de Dinawar.

 

Renaud K.


Pour en savoir plus :

  • Nadim (al-), Abū al-Faraj M. i. Isḥāq (1970).  Dodge, Bayard (ed.). Al-Fihrist. New York & London: Columbia University Press. p. 172.
  • Clarke, Nicola (2018). « al-Dinawari ». In Nicholson, Oliver (ed.). The Oxford Dictionary of Late Antiquity. Oxford University Press. p. 484.
  • B., Lewin. « al-DĪNAWARĪ ». Brill.