D’Ibn al Shatir à Copernic

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Lorsqu’en 950 de l’hégire (1543) paraît De revolutionibus de l’astronome Nicolas Copernic, le monde savant est au bord de l’implosion. En effet, le savant polonais venait de divulguer et prouver un fait tout à fait nouveau : ce n’est plus la Terre qui est au centre de tout, mais le soleil, autour duquel les astres de notre système solaire tourneraient. Sauf que, selon des historiens de l’astronomie moderne, l’homme semble ne rien n’avoir inventé. 

 

Les figures présentes dans l’ouvrage de Copernic sont en effet identiques à celles présentes dans l’oeuvre de l’astronome musulman de Damas, Ibn al Shatir (m.776H/1375), celui-là même qui avait révisé les oeuvres du grec Ptolémée et développé un nouveau modèle planétaire. Les raisonnements mathématiques sont les mêmes, idem pour la géométrie de l’univers présenté. La seule différence entre leurs deux travaux, certes capitale, concerne donc la place la Terre, décentrée au profit du soleil. Mais Ibn al Shatir peut ne pas y avoir été innocent Ayant stipulé qu’il était possible pour les corps célestes de tourner uniformément autour d’un point unique, il aurait pu faciliter l’idée d’un modèle héliocentrique imaginé par Copernic ensuite, qui du coup, n’avait plus qu’à repenser le modèle planétaire en faisant de l’unique point, le soleil

 

Si rien ne vient prouver qu’il y ait bien eu transmission des savoirs entre ces deux hommes, la ressemblance entre les deux travaux et le fait qu’il ait étudié en Italie, où les savants arabo-musulmans avaient été massivement traduits, porte ainsi à croire que Copernic reprit simplement l’oeuvre du scientifique arabe en la latinisant.

 

Renaud K.

 

 

Pour en savoir plus :

– Hstoire de l’islam et des musulmans en France, ouvrage collectif, Edition Livre de poche, p.310