Extraits

Des prémices de l’islam en Russie

“(…) C’est en effet un fait rarement mis en avant : l’islam est antérieur d’une soixantaine d’années à la chrétienté orthodoxe sur le territoire de la Russie moderne – et même de trois siècles si l’on prend en compte la province du Daghestan, où les armées du califat ont pris pied dès l’ère de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb. Au début du dixième siècle grégorien, Vikings, Slaves, Turcs et autres peuplades indigènes se côtoient dans l’immensité de ces steppes dévastées aux confins de l’Europe et de l’Asie ; tous sont alors païens, à la notable exception des Khazars, convertis au judaïsme et irréductibles ennemis des califes. C’est précisément de ces derniers dont un certain Almis, chef tribal truc, s’émancipe en unissant son peuple, les Bulgares de la Volga. Il lui faut une religion pour cimenter son oeuvre politique : ce sera l’islam. En 309H (921), le nouveau roi des Bulgares envoie en effet un ambassadeur auprès du calife abbasside de Bagdad, al-Muqtadir, pour solliciter soutien politique et instruction religieuse. L’année suivante, la mission tant attendue arrive sur les bords de la Volga ; elle est menée par le fameux Ibn Faḍlān, à la fois explorateur, missionnaire et diplomate, qui vient enseigner à ces nouveaux convertis les choses de la Foi et de la Loi – et livrera un pittoresque récit de ses aventures. Almis, “roi des saqalliba” pour Ibn Faḍlān, prend alors le nom de Ja’far ibn ‘Abd-Allāh tandis que son peuple embrasse massivement la foi de Muḥammad ﷺ (…)”

‘Issa Meyer

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