De la Cordoue malékite

« (…) Mais l’événement le plus marquant de son règne (al-Ḥakam au 9e siècle chrétien) est sans conteste la montée en puissance de l’école malékite, qui devient le madhhab officiel d’al-Andalus sous l’impulsion de Yaḥyā ibn Yaḥyā al-Laythī. Issu d’une puissante famille berbère d’Algésiras, l’homme s’en va quérir la science vers l’Orient dès son plus jeune âge et étudie à Médine sur les bancs de l’imam Mālik, dont il apprend le Muwaṭṭaʾ et devient l’un des plus fervents partisans. Lorsqu’il s’en retourne en sa patrie, al-Andalus est alors dominée par l’école juridique de l’imam al-Awzā’i – aujourd’hui disparue -, traditionnellement celle des gens du Sham et donc des Omeyyades. Mais impressionné par l’intelligence de ce savant charismatique autant que par la réputation de son mentor de Médine, le souverain de Cordoue se laisse convaincre de faire du maddhab de l’imam Mālik la seule interprétation officielle et autorisée de la Loi islamique en ses domaines. La justice omeyyade est donc standardisée, et les échanges intellectuels se feront désormais avec Kairouan et Médine, places fortes malékites, plutôt qu’avec Bagdad, capitale de l’école hanafite et de la dynastie abbasside honnie, au point où l’on interdira parfois l’importation de livres d’Iraq ! À l’exception des élèves de Baqī’ ibn Makhlad, savant andalou proche de l’imam Aḥmad ibn Ḥanbal, et de l’école zahirite portée par le célèbre ibn Ḥazm puis la dynastie des Almohades, al-Andalus et le malékisme resteront ainsi indéfectiblement liés jusqu’à la chute de Grenade, bien des siècles plus tard (…)  » 

 

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