Damas

“Cité mentionnée dans la Genèse et fondée il y a quatre millénaires, Damas a été le lieu de passage des Prophètes Dāwud et Ibrāhīm mais aussi du conquérant macédonien Alexandre le Grand. Dominée par les Perses et les Romains durant des siècles, Damashk (Damas en arabe) est finalement conquise par les Arabes la 15e année de l’hégire (636). L’intégration dans l’Empire musulman se fait sans heurts; les Arabes s’installent en périphérie et ne font que reprendre en bonne et due forme les normes de l’administration passée. Damas est alors choyée par l’élite musulmane. Mu’āwiya, premier des Omeyyades, en fait la capitale de sa dynastie au lendemain de l’ère des califes bien-guidés quand le calife al-Walīd Ier y fait bâtir, à la fin du premier siècle hégirien, le premier chef-d’œuvre de l’architecture musulmane : la Grande mosquée des Omeyyades. Passée dans l’ombre de Bagdad – capitale des Abbassides – dès le 2e siècle hégirien, Damas devient au gré des revirements politiques le fief de la résistance pro-omeyyade. Le calife al-Mutawakkil avait bien tenté d’y refaire sa capitale; il n’y restera que trente-huit jours. Un temps reprise par des Turcs vassaux des Abbassides, puis par les Qarmates – des chiites ismaéliens – Damas retrouve la paix avec la dynastie des Ikhshidides avant de tomber sous le joug des Fatimides, des chiites ismaéliens débarqués d’Afrique du Nord. À des Arabes et Turcs s’ajoutent désormais des Berbères et la ville se confessionnalise; chacun y a ses quartiers et tantôt des tensions éclatent. Si l’autorité sunnite se réinstalle en 468H (1076) avec la dynastie turque des Burides, ce n’est qu’avec l’émir Nūr ad-dīn, au milieu du 12e siècle chrétien, que la cité regagne ses lettres de noblesse. Capitale d’un Emirat uni, bastion des savants de l’islam – les Banū ‘Asākir et Banū Qudāma y ont leurs quartiers; Ibn ‘Arabī y passe ses dernières heures – Damas est à l’époque des Croisades le lieu de tous les résistants. De nombreuses mosquées et madrasas sont aussi à ce moment bâties ainsi que des hôpitaux, les meilleurs d’Orient. Ṣalāḥ al-Dīn y séjournera plusieurs fois; ainsi de nombreux des sultans de sa dynastie…

Renaud K.

L’article est à retrouver dans le N°4 de Sarrazins :

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