Ces batailles de l’islam qui changèrent le cours de l’histoire

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Le 29 mai passé pouvait être célébrée la victoire des Ottomans face aux Byzantins leur prenant Constantinople. Cette bataille mettait en effet fin en 857 de l’hégire (1453) à l’Empire comme, pour nombre d’historiens, au Moyen-Âge. Changeant le cours de l’histoire, cette bataille figure cependant au tableau de bien d’autres dans l’historiographie musulmane. Retour sur quatre d’entre elles…

Du vivant du Prophète Muhammad , la première grande bataille menée par les musulmans, Badr, eut des répercussions des plus conséquentes pour l’avenir de l’islam. Numériquement, les musulmans avaient pourtant toutes les chances de ne pas gagner ; à un peu plus de 300 contre 1000 des polythéistes mecquois, ils remporteront pourtant une victoire éclatante. Nous étions là en la 2ème année de l’hégire (624), les futurs califes que sont Ali, Abu Bakr et Umar ibn al Khattab faisaient entre autres partis des troupes. Assaillis par les flèches des archers musulmans, les mecquois, à trois contre un, perdront 70 d’entre eux (avec autant de captifs) quand seulement 14 musulmans trouveront la mort. Avec cette première victoire, les musulmans, jusqu’ici poussés à l’exil et harcelés, venaient de s’imposer comme une force majeure en Arabie, prenant à ce moment Médine comme centre politique, peu avant de faire de La Mecque le centre spirituel de l’islam.

En la 15ème année de l’hégire (636), alors que le second calife de l’histoire, Umar ibn al Khattab, posait les bases de l’expansion musulmane qui allait s’en suivre, eu lieu la bataille d’al Qadissiya. Les forces islamiques, fortes de 30 000 cavaliers avaient ainsi détruit l’armée perse qui elle, comptait quelque 120 000 hommes. Malgré l’appui de guerriers étrangers et de dizaines d’éléphants de guerre, les Perses seront anéantis par les musulmans, alors commandés sur le terrain par Sa’ad ibn abi Waqqas. Dans les rangs musulmans se trouvaient 70 vétérans de la bataille de Badr, et jusqu’à 300 descendants directs des compagnons du Prophète ﷺ. Les guerriers perses, en fuyant, avaient ainsi livré à lui-même leur chef, le général Rostam Farrokhzād. Le malheureux eut la tête tranchée, l’Empire Perse ne s’en relèvera jamais. Avec cette victoire, c’était toute l’Asie centrale qui s’ouvrait alors aux musulmans.

La même année avait eu lieu la bataille de Yarmouk. Afin d’endiguer l’avancée des musulmans hors d’Arabie, l’empereur byzantin Heraclius s’était décidé à faire front en envoyant de ses hommes à leur encontre. Mais ayant eu vent de l’entreprise, les mujahidin menés par Khalid ibn al Walid interceptent les troupes chrétiennes dans les plaines du Yarmouk, au nord de l’Arabie. Composée de Slaves, de Francs ou encore d’Arabes chrétiens, l’armée byzantine forte de 150 000 hommes (les sources arabes d’époque parlent de 250 000 hommes) va pourtant perdre face aux musulmans. Avec moins de 40 000 combattants, Khalid ibn al Walid, l’un des plus grands guerriers de l’histoire, va alors multiplier les stratégies. Il fait bloquer les voies de retrait et déployer toute sa cavalerie lourde. Les Byzantins n’arriveront jamais à utiliser leur supériorité numérique. Ils sont battus en brèche, les fuyards rattrapés près de Damas. C’est là tout le Proche-Orient et l’Afrique du Nord qui s’offrait aux Arabes. Dans son livre Islam at War, George F. Nafziger dira de cette bataille qu’elle était « l’une des plus décisives de l’histoire de l’humanité ». Aussi, rajoute t-il : « si les forces d’Héralicus l’avaient emporté, le monde moderne pourrait bien être si différent qu’il n’en serait pas reconnaissable ».

Plus tard, en 92 de l’hégire (711), les musulmans œuvrant pour le califat ommeyade vont traverser le détroit de Gibraltar et pénétrer l’Espagne occupée par les chrétiens Wisigoths. Tariq ibn Ziyad commande alors, selon les sources, entre 2500 et 12 000 hommes, quand en face, le roi Roderic en a réuni plus de 30 000. Aux abords du Guadalete, le combat va pourtant vite virer au drame du côté Wisigoth. Les soldats, dont bon nombre de nobles, sont décimés, le roi tué au combat, faute à une trop agressive cavalerie musulmane. Cette victoire des Omeyyades va ouvrir alors la voie à la conquête musulmane de la péninsule ibérique. En quelques années, l’Espagne allait devenir Al Andalus ; la présence musulmane, elle durera 800 ans.

Parfois en grande infériorité numérique, les forces de l’islam surent ainsi au cour de certaines batailles renverser complètement le cours de l’histoire. Si le 1er siècle de l’hégire ici présenté est lourd en éléments soutenant ce principe, les siècles suivant ne manquent pas d’exemples. Renversant empires et royaumes multi-séculaires, des Arabes aux Turcs, les musulmans s’étaient durant des siècles imposés comme une force de 1er plan, repoussant les frontières et bouleversant les rapports de force à jamais.

Renaud K.

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