Alger, 1789

“(…) Depuis le Maghreb et sur les eaux, les corsaires font la loi. Alger (al-Djazāʾir) est alors une Régence puissante où ils ont pied et d’où ils partent faire la course sur toute la Méditerranée. Sortis d’une guerre avec les Danois et Norvégiens de qui les Algérois réclamaient un tribut plus conséquent, la Régence d’Alger allait en cette fin de 18e siècle chrétien lever le glaive contre l’Espagne. Las, elle aussi d’avoir à consacrer un budget à payer les “Barbaresques” musulmans, l’Espagne avait envoyé en 1189H (1775)  son meilleur amiral, l’irlando-espagnol Alejandro O’Reilly afin d’y mettre un terme. 8000 Espagnols y ont trouvé la mort, l’attaque fut un fiasco total. Moins de dix ans plus tard, ils réitéraient en vain; bombardant Alger, ils ne parviennent même pas à y mouiller. En 1198H (1784), c’est toute une coalition chrétienne composée de Portugais, Vénitiens, Espagnols et Croisés de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui tentent une invasion de la cité blanche. Bis repetita : les Algérois l’emportent une nouvelle fois. Le dey Muḥammad Bey ʿUthmān est alors l’homme puissant de l’instant et profite de ses victoires pour réclamer à Madrid une indemnité d’un million de pesos. En 1203H (1789), Alger est alors le coeur battant de l’Islam guerrier; des mujahideens y partent à la reconquête des cités du Maghreb occupées par les Espagnols et imposent même leur tribut et conditions aux Américains fraîchement arrivés dans les eaux européennes. (…)”

Renaud K.

Cet extrait est à retrouver dans le numéro 6 de Sarrazins, en vente ici :

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