Abû Dharr al Ghifari

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Les historiens disent de lui qu’il aurait été le 4ème ou 5ème homme à avoir embrassé l’islam. Jundub ibn Junadah de son vrai nom, Abû Dharr était connu avant cela pour, déjà, son aversion déclarée pour les idoles d’alors. Il aurait ainsi été de ceux ayant cru avant la Révélation coranique en Allah sans ne lui donner d’associés. C’est depuis sa tribu à des kilomètres de La Mecque, qu’il entendit parler du Prophète Muhammad, paix et salut soient sur lui. Intrigué par son appel, il envoya son frère Unays afin d’en savoir plus. Peu satisfait de ses retours, il décida de se rendre lui-même au Sanctuaire Sacré pour s’en faire une meilleure idée.

Sur place, après avoir trouvé Ali sur son chemin, curieux de sa présence ici, il fait alors la rencontre du Messager d’Allah, paix et salut soient sur lui. Après l’avoir salué, selon certains par la salutation de l’islam (qu’il aurait été le 1er, ou l’un des 1er, à user), Abû Dharr lui dit : « Lis moi quelques vers de ton enseignement ». Le Prophète, paix et salut soient sur lui, lui dit : « Il ne s’agit pas de poésie, mais du noble Coran ». Abû Dharr dit ensuite : « Lis le moi donc ». Le Messager d’Allah se mit alors à réciter le Coran. Après un court instant, Abû Dharr dit : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager « . On lui demanda de quelle tribu il était et répondit qu’il était de Ghifâr. Souriant d’étonnement, le Prophète, paix et salut soient sur lui, connaissait bien centre tribu, et la réputation qu’ils avaient d’être des brigands attaquant les caravanes dans le désert. Abû Dharr raconte : « Le Prophète se mit alors à regarder dans tous les sens avec étonnement vu la réputation de la tribu de Ghifâr. Il dit ensuite : « Allah guide qui Il veut ».

À cette époque, la prédication se faisant discrète. Abû Dharr fut conseillé de suivre une même conduite et de rejoindre sa tribu en attendant des jours meilleurs. Mais sa fougue l’en empêcha tout simplement. Il entra alors dans l’enceinte du Sanctuaire et s’écria haut et fort : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad et le Messager d’Allah ». Ce premier appel en public de l’Islam défiant l’élite quraychite lui fera goûter au lynchage local jusqu’à ce que Al Abbas l’en sorte, ce dernier rappelant aux Mecquois de quelle tribu le bonhomme appartenait.

Il appela alors en rentrant les membres de sa tribu à l’Islam, qui, les uns après les autres, y rentrèrent, sa mère en faisant de même. Il en fit ainsi aussi avec la tribu d’Aslam voisine. Le temps passa et les musulmans émigrèrent à Médine. Un jour, une foule immense de personnes, à pieds comme à dos de chameaux arriva à Médine. On aurait cru en une armée débarquant, le sable du désert se soulevant sous leurs pas, mais les takbirs inlassablement répétés par les arrivants rassurèrent immédiatement les musulmans. Il s’agissait des deux tribus précédemment appelées à l’islam par Abû Dharr, et dont il faisait évidemment parti.

Il participera à la bataille de Badr. Son fils, Umair al-Ghifari mourra ensuite lors de l’expédition de Ka’b. En guise de revanche, le Prophète, paix et salut soient sur lui, organisera d’ailleurs une expédition retour. Durant la bataille de Tabouk, faute à une chamelle trop faible, il perdit de vue groupe, se retrouvant seul au milieu des dunes. Arrivés à leur point de destination, les compagnons le virent ainsi arriver avec une journée de retard, à pieds, ses affaires sur le dos, les ayant regagnés marchant seul dans le désert. À cette occasion, le Prophète, paix et salut soient sur lui dira de lui : « Qu’Allah fasse miséricorde à Abû Dharr, il marche seul, il mourra seul, il ressuscitera seul ».

À la mort du Prophète, paix et salut soient sur lui, la douleur l’empêcha de rester à Médine. Il se retira ainsi dans le désert syrien, où il vécut durant les califats d’Abû Bakr et de Omar. Consterné de voir, durant le califat d’Uthman, le goût des musulmans pour les bienfaits mondains, il fut, sous conseil du calife, permis de s’isoler des gens, renonçant à ses biens, dans un petit village près de Médine.

En 32 de l’Hégire, Abû Dharr mourut. La Ummah perdait l’un de ses premiers et plus grands compagnons. Abdallah ibn Massud présent à son enterrement relata alors l’évènement de Tabouk et dit  » 20 ans après Tabouk, la prophétie du Prophète s’est révélée. En effet, le Prophète avait dit : « Tu es celui qui marche seul, qui mourra seul et qui sera ressuscité seul ». Le prophète, paix et salut soient sur lui, disait aussi de lui que « la terre ne porte ni les cieux ne couvrent un homme plus vrai et fidèle qu’Abû Dharr« , et qu’il avait la piété du noble Issa, paix et salut soient sur lui.

Renaud K.

1 thought on “Abû Dharr al Ghifari

  1. Salama alaykoum,

    Une belle histoire comme je les aime… Existe-t’il un recueil, un livre dans lequel on pourrait en trouver d’autres comme celle-ci? Avec tous les Sahabas (radia lahou 3anhoum) ?

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