Abū Bakr al-Ṣiddīq, premier prédicateur de l’islam

Posted on Posted inEn bref

Au milieu des années 610 du calendrier chrétien, si les premiers versets du Coran sont descendus aux Hommes depuis maintenant quelques années, la propagation de l’islam est encore discrète. Tout le monde à La Mecque sait ce qu’il se passe, des hommes et femmes embrassent la foi “nouvelle” d’un certain Muḥammad ibn ʿAbd Allāh , dernier Prophète et Messager divin, mais le déni des fausses idoles ne se pratique que dans l’ombre. Ils ne sont alors pas encore quarante que parmi les convertis à l’islam se démarque un homme : Abū Bakr al-Ṣiddīq. Plus proche compagnon de route du Prophète Muḥammad , Abū Bakr al-Ṣiddīq est de par son statut et sa réussite sociale un homme notoirement respecté parmi les gens de Quraysh, les habitants de La Mecque. L’étonnement fut ainsi grand parmi les foules lorsqu’il embrassa l’islam sans sourciller. Véritable hanif – monothéiste pur – il avait depuis sa jeunesse cru en Allah sans ne lui reconnaître aucun associé avant même que le premier verset coranique ne lui arrive aux oreilles. Si tous les compagnons qui suivront – d’ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb à ʿUthmān ibn ʿAffān – mettront du temps à accepter l’islam, Abū Bakr avait ainsi accepté l’islam sans aucune hésitation. Plus tard, pensant alors le moment propice, Abū Bakr était venu trouver le Prophète afin de lui proposer d’enfin prêcher en public la religion d’Allah. Hésitant, ce dernier n’avait pas encore reçu le verset l’y invitant; il laissa cependant le futur premier calife de l’histoire tenter le coup. Alors que les quelques musulmans de la ville ne prêchaient jusque-là qu’à leur entourage proche, Abū Bakr est un beau jour ainsi vu se rendre dans l’enceinte de la Ka’aba et appeler à l’attention de tous. Sous les yeux des chefs qurayshites, voilà qu’un homme ose pour la première fois appeler publiquement son auditoire à l’islam. Le premier khatib était né. Mais son appel allait provoquer l’hystérie des plus attachés à leurs idoles : en quelques minutes, une foule d’hommes en colère s’était abattue sur lui. Frappé jusqu’à en perdre conscience, il aura fallu l’intervention de membres de son clan – pas encore musulmans – pour qu’il en réchappe. Ramené – en sang – chez sa mère, sa première question à son réveil avait alors été de savoir si rien n’était arrivé au Prophète de l’islam . Agaçant son clan qui ne comprenait pas cette attache si franche, l’affaire avait éveillé la curiosité de sa mère qui, allait après cela, elle aussi se tourner après quelques mots échangés vers l’islam. Le geste d’Abū Bakr avait alors été une nouvelle étape dans la diffusion de l’islam; le Message était désormais public, et la parole d’Allah amenée à être connue de toutes et tous.

 

Renaud K.


Pour en savoir plus :

  • Athamina, Khalil, “Abū Bakr”, in: Encyclopaedia of Islam, Brill, 2015
  • Ibn Kathīr, alBidāya wa-l-nihāya fī-l-ta’rīḫ, Beyrouth-Damas, Dār Ibn Kaṯīr, 2007
  • Dr. Ali Muhammad al-Sallabi, The biography of Abu Baker as-Siddiq, Darussalam Publishers, 2007