1864, le génocide circassien

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Le 21 mai est le jour où est commémoré le nettoyage ethnique perpétré par les Russes en 1280 de l’hégire (1864) des Circassiens et Abkhazes, peuples musulmans du Caucase. 

 

Les Russes, en guerre contre les Ottomans depuis des générations, ont en ce milieu de 19e siècle chrétien le Caucase dans leur ligne de mire. Acculé par des années de guerre, l’imam et moudjahid Shamil, qui avait jusqu’ici su infliger de lourdes défaites aux forces russes depuis ses montagnes, finit par lâcher les armes en 1275H (1859), faute de soutiens efficaces. Par cette action, la Tchétchénie et le Daghestan passaient dans le giron russe; la Circassie, va quant à elle, plus à l’Ouest, résister jusqu’en 1280 (1864). L’idée est alors pour le tsar Alexandre II très simple : il faut éliminer les musulmans locaux et les remplacer par de valeureux paysans et propriétaires terriens russes. Incendiant des villages entiers, exécutant des familles entières, planifiant de douloureuses famines, l’impérialisme russe fait alors des victimes par dizaines de milliers, jusqu’à faire complètement plier la résistance. Le 21 mai, la déportation des Circassiens et Abkhazes désarmés est décidée : entre 1 et 3 millions d’âmes, soit 90 % d’entre eux, sont éjectés vers l’Empire ottoman et la Perse dans les années qui suivent. Les conditions de déportation sont dramatiques et beaucoup meurent dans des naufrages ou d’épidémie. Dans les pays conquis, ils ne sont plus que quelques dizaines de milliers, soumis désormais au pouvoir russe et à la colonisation.

 

Installés pour la plupart en Anatolie ou en Jordanie, leurs descendants se chiffrent aujourd’hui à plusieurs millions; on les désigne encore aujourd’hui, dans la Turquie moderne, sous le nom de Çerkes.

Renaud K.


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