“(…) Si l’Egypte est bien le centre de son pouvoir, Ṣalāḥ al-Dīn n’y passe pas beaucoup de temps, préférant déléguer son pouvoir à son neveu Taqī al-Dīn ou à son frère al-ʿĀdil. Ṣalāḥ al-Dīn a en effet fait le choix, stratégique, de stationner le plus clair de son temps en Syrie afin d’être au plus près de ses ennemis et opposants. Il a d’ailleurs un allié de taille en la personne du calife al-Mustadi’ qui l’observe et l’accompagne depuis Bagdad. Ṣalāḥ al-Dīn est sinon soutenu par tout un pan de la population locale et nombre de oulémas depuis qu’il montre le désir de définitivement bouter de Palestine les colons chrétiens. “Le combat et la passion qu’il y portait avaient une très forte emprise sur son coeur et sur son corps; il ne parlait pas d’autres sujets, il ne songeait qu’aux préparatifs de cette guerre, il ne s’occupait que de ceux qui y combattaient, il n’avait de sympathie que pour ceux qui en parlaient ou exhortaient à y participer”(1). Multipliant les lettres exhortant à la guerre en direction des émirs d’ici et d’ailleurs, Ṣalāḥ al-Dīn se sert encore des savants qui l’entoure pour sensibiliser sur le sort de Jérusalem. Vidée de ses musulmans (et Juifs), la troisième cité sainte de l’islam est depuis plus de 80 ans aux mains des croisés et sa mosquée phare, al-Aqsa, sert de puis de résidence au Templiers qui y ont installé leurs latrines et du bétail. L’urgence est grande. (…)”

(1) Bahā’ al-Dīn Ibn Shaddād, al-Nawādir al-Sulṭāniyya wa’l-Maḥāsin al-Yūsufiyya, p.21)

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