Ṣalāḥ ad-Dīn, de vizir à sultan

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Nommé vizir et ministres cultes dans l’Égypte du calife chiite et fatimide al-ʿĀdil, Ṣalāḥ ad-Dīn avait pris tant de place dans l’échiquier politique qu’il pouvait mettre en oeuvre les réformes qu’il voulait. En 566 de l’hégire (1171), il faisait bannir la formule chiite de l’adhan et enfin autoriser la mention publique des noms des califes et compagnons Abū Bakr, ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb et ʿUthmān ibn ʿAffān, détestés des chiites. Renvoyant l’ensemble des juges locaux – des ismaéliens – il plaçait à la tête de la judicature d’État des juristes et juges sunnites. Ainsi de l’ensemble des émirs et chanceliers. Les protestations du calife al-ʿĀdil – désormais très seul – n’y changèrent rien, son nom est même supprimé du prêche du vendredi pour être remplacé par celui du calife abbasside al-Mustaḍī, siégeant plus loin à Bagdad. Al ‘Adil, déjà malade, aurait perdu la vie en ayant eu vent de la nouvelle; la dynastie fatimide qui jadis avait émerveillé tout un monde n’était plus. Pour marquer le coup, Ṣalāḥ ad-Dīn fera au Caire une spectaculaire démonstration de force. Passant en revue ses troupes, à dos de cheval et vêtu de sa plus belle armure, il annonçait devant foule et quelques ambassadeurs francs et byzantins invités l’homme qu’il allait bientôt devenir : un sultan pour l’Islam et le cauchemar des Croisés.

 

Renaud K.