Extraits

ʿAbd al-Ḥamīd II, le dernier des califes

« Place, désormais, à la nouvelle doctrine officielle de l’empire : le pan-islamisme – ou Ittihad-i Islam. ʿAbd al-Ḥamīd (II) comprend alors que la seule force susceptible d’unir les peuples disparates de ses domaines – et au-delà – est l’Islam. Turcs, Arabes, Kurdes, Albanais et autres : c’est autour de son autorité politique et spirituelle de Commandeur des Croyants qu’il devra rassembler ses sujets musulmans, en contradiction avec toute forme de sécularisme ou de nationalisme ethnique. Au « principe des nationalités » cher à l’Europe occidentale. il oppose ainsi cette « nation de la Foi » qu’est la Oumma. L’objectif est triple : en interne, revenir sur la laïcisation de l’ère des Tanẓīmāt et réactiver le ferment spirituel originel de la maison d’Osman, seul dénominateur commun des sujets qui lui sont encore loyaux ; hors des frontières impériales, contrer la montée en puissance d’un monde chrétien de plus en plus hostile et dominateur en établissant la base idéologique d’une coopération plus large dans le cadre d’une lutte politique contre le colonialisme sous la bannière de l’Islam. (…) L’opinion domestique est ralliée à la cause par les efforts des confréries soufies, le réseau des mosquées ou encore la presse et les publications, qui exhortent la population à s’unir autour d’une identité musulmane authentique. (…) Toutes les ethnies musulmanes sont autorisées à ouvrir des écoles dans leurs langues et à promouvoir leurs identités culturelles – tant que la chose reste dénuée de toute forme de séparatisme politique. Hors du pays, le danger du panislamisme est bien vite perçu comme une menace de premier ordre par les puissances coloniales (…) »

Cet extrait est issu du N°7 de Sarrazins, en vente ici :

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