Le prix Nobel de la Paix 2017 a cette année été décerné à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, l’ICAN. Une bien bonne annonce. Un don en tous cas plus crédible et réjouissant que celui fait dans le même cadre à Barack Obama quelques années plus tôt.

L’ICAN, c’est une coalition d’organisation non gouvernementale provenant d’une centaine de pays, œuvrant pour que les nations nucléaires abandonnent leur possible recours à l’arme atomique. L’idée est ainsi de sensibiliser les citoyens afin qu’ils puissent inspirer et persuader leurs gouvernements respectifs. On se doute bien que l’actualité nord-coréenne n’y est pas pour rien, mais s’agit-il néanmoins d’un agréable pied de nez fait aux 8 autres nations détentrices de la bombe (USA, France, Pakistan, Israël, Angleterre, Inde, Russie, Chine). Des nations qui s’étaient d’ailleurs tout simplement abstenues de participer au récent traité conclu et approuvé par 122 pays en juillet dernier aux Nations Unies. Histoire de montrer que quand on a la bombe, on fait finalement un peu ce qu’on veut…

Rappelons que 16 000 ogives nucléaires sont encore recensées dans le monde, dont 4 000 seraient déployées et prêtes à l’emploi. Symbole de toute la dangerosité de l’Homme quand de limites il ne s’entoure plus, l’explosion de seulement l’une d’elles pourrait avoir des conséquences dramatiques, tant sur le plan humain que sanitaire et naturel. Dissuasion nous affirment ils ! Étonnante idée. Surtout provenant de ceux là même qui depuis des décennies se présentent comme les anges gardiens du monde et artisans de la Paix. Le plus révélateur de toute la fourberie de leur entreprise n’est il d’ailleurs pas qu’ils se soient accordés le droit d’en être les seuls à en posséder ? Quiconque ose en effet entrer dans le club très fermé des nucléaristes doit ainsi être prêt à en subir les conséquences. Regardez l’Iran, regardons la Corée du Nord.

Difficile, pour le coup, de ne pas repenser aux essais du « sympathique » Jacques Chirac en plein Pacifique, détruisant pour le coup faune et flaure sans remords. Dur aussi d’oublier ceux de ses prédécesseurs s’étant dûment amusés à en faire tomber dans le désert algérien, au détriment de la santé des locaux. Comment ne pas se rappeler aussi que seul les Etats-Unis y ont pour le moment eu recours… C’était les 6 et 9 août 1945, contre les villes japonaises d’Hiroshima et Nagazaki. Eux qui crient tant au loup depuis, avaient fait ces jours là plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers d’autres blessés à vie. L’affaire fut ainsi l’attentat terroriste le plus meurtrier recensé de l’histoire.

Renaud K.

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