Umm Habiba

 

De son vrai nom Ramlah, elle n’est rien de moins que l’une des 11 femmes qui eurent l’honneur d’avoir eu pour époux Muhammad ibn AbdAllah, le dernier des Prophètes et Messagers d’Allah.

Femme de haut rang, elle était aussi la fille d’Abu Sufyan ibn Harb, alors encore leader de La Mecque et invétéré opposant à l’islam. Embrassant l’islam avec son mari Ubaydullah ibn Jahsh, elle était alors l’une des premières personnes à se faire musulmane bien avant l’hégire. Vivant sa foi discrètement des années durant avec son mari, ils finiront, afin de fuir les violences des Mecquois restés dans l’idolâtrie, par tous deux partir pour l’Abyssinie sous la protection du roi chrétien Negus.

Enceinte, elle accoucha ainsi sur le continent africain de sa fille Habiba. Mais là-bas, à son grand dam, son mari se plaît à trouver en le christianisme une foi plus inspirante. Tentant de la rallier à sa nouvelle croyance, il ne va essuyer que des refus pour mieux trouver au final son divorce. Sombrant dans l’alcool et mourant peu après, son mari laissera ainsi Umm Habiba seule en terre étrangère, honteuse de se retrouver ainsi avec ses coreligionnaires musulmans d’Abyssinie. Isolée, n’ayant que sa fille pour compagnie, c’est un message des plus inattendus qui vient à lui arriver.

Alors qu’elle eut entendu son père se lancer dans une guerre impitoyable contre le Messager d’Allah, paix et salut soient sur lui, voici que ce dernier vient à la demander en mariage. Elle n’en croyait pas ses oreilles et demanda à la servante envoyée par le Négus lui-même de lui répéter à trois reprises le message. Des plus heureuses, elle fit dans l’instant don de ses bracelets en argent à la demoiselle venue lui annoncer la bonne nouvelle.

Le Prophète tenu de rester en Arabie, le mariage sera célébré sans lui. Khalid ibn Sa’id ibn al-As en tuteur, ce sont tous les Musulmans réfugiés en Abyssinie qui assisteront à la cérémonie aux côté du roi Négus. Comblée de cadeaux, elle ne vit cependant son mari que 6 années plus tard, en l’an 7 de l’hégire.

Les musulmans rappelés à Médine en cette année, c’est avec toutes les attentions que les autres épouses du Prophète l’accueillir. En dehors d’Aïcha, elles lui était d’ailleurs toutes connues. La quarantaine atteinte, elle est déjà plus âgée que bien d’entre elles.

Croyante taillée par les épreuves, elle ne manqua pas de refuser à ce que son père, Abu Sufyan, venu regagner la confiance des Musulmans après la rupture du pacte d’Hudaybiyya, prenne assise sur la couche même du Prophète. Il était alors venu chercher conseil auprès d’elle et n’en ressortira que plus bredouille. Mais que fut immense sa joie d’entendre que son père finit par embrasser l’islam à la veille de la conquête de La Mecque par les croyants !

Ainsi, fille du leader de La Mecque, elle était aussi la soeur de Mu’awiya futur roi/calife des croyants, nièce du 3ème calife Uthman, autant que la belle-soeur de Zaynab, autre épouse du Messager d’Allah, car soeur de son ex mari mort chrétien. Connue pour son assiduité dans ses prières nocturnes, ses jeûnes répétés et ses connaissances jurisprudentielles, on lui doit la transmission de plus d’une soixantaine de hadiths.

Il est communément admis qu’elle mourut en l’an 44 de l’hégire, quand d’autres estiment son décès à l’an 59, alors âgée de 88 ans. Elles est enterrée à Médine, dans le cimetière de Baqi.

Renaud K.

 

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