Penser que voter c’est agir, et ne pas voter, ne rien faire, c’est tout justement la preuve que cette démocratie élective n’a rien fait d’autre que de détruire l’homme politique qu’il pouvait y avoir en nous.

Prenez l’Histoire et ses grands Hommes. Que de choses ont-ils fait, et pourtant, que peu d’occasions de décider de leurs dirigeants ils eurent. Qu’ils aient été médecins, héros en arme, théologiens, scientifiques, bâtisseurs ou bonshommes du quotidien ; ils surent se montrer bénéfiques au monde, enclenchant parfois nombre de changements, leur travaux transcendant la vie dans quelques cas de millions de gens jusqu’à nous. Ils aidaient, créaient, se montraient utiles, sans parfois ne s’impliquer qu’un court instant à la politique politicienne qui fut celle de leur temps.

Que s’est il passé pour que nous en soyons arrivés à penser que voter tous les 5 ans représentait la quintessence de l’acte politique ? Déléguer le travail à l’un de ces démagogues et magiciens du verbe, c’est donc agir pour sa société ? Ne laissons pas l’illusion démocratique nous faire croire ce qui n’a pas lieu d’être… Agir, c’est au quotidien, les bonnes oeuvres à chaque instant, les réformes ne s’inscrivent pas sur un calendrier.

Ne pas voter ce dimanche, ce n’est pas faire preuve de nihilisme. Au contraire, c’est une action militante. Un signal envoyé. C’est dire non à un système, une voie négationiste qui se cherche à être celle de tous. Non à ses règles et conséquences, et non à l’Homme 2.0 qu’ils souhaitent nous voir devenir : un être dépolitisé qui se croit impliqué parce que suivant de près la campagne électorale… Cet être malgré lui individualiste, songeant à ses intérêts immédiats ou intra-communautaires, acceptant pour cela un système qui le pousse chaque mandat plus près de la falaise. Nous le voyons bien. Par peur d’un(e) pire, nous sommes prêts à voter un moindre mal, que l’on pense moindre mal simplement pour son islamophobie moins prononcée. Le plan qu’à ce gérontophile, et ceux qui l’entourent, pour le monde, l’Homme et le reste ? Il n’y a pas lieu d’y réfléchir, de penser temps long et global, il faut faire barrage !

Les grands Hommes n’ont jamais attendu qu’on leur donne l’occasion de changer les choses. Ils n’ont jamais eu la docilité de patienter un 7 mai pour participer au Bien commun. Et ce qu’ils ont encore moins eu, c’est peur. Peur de se voir lésés dans leurs droits et biens. Car c’est dans l’adversité que les véridiques se forgent, les remontrances et coups des vilains ne les ont pas effrayés. Peur d’une victoire du FN ? D’avoir à faire face à l’ennemi honnête en sa haine ? Oui, nous préférons celui qui va nous détester, mais avec sourire et élégance. La Demeure dernière appartient aux patients, aux endurants, à ceux qui se réforment et luttent dans le sentier de Celui qui fait basculer les coeurs. Allah nous a promis que nous serions certes lésés en biens et en personnes, ceci que de l’ivraie se distingue le bon grain. Mais le voulons-nous vraiment ?

Voter, ne pas voter ? Il est évidemment question d’intention, et nul doute que beaucoup de ceux qui voteront le  »moindre mal » demain en soient dotés de bonnes. Mais n’ayons pas peur de l’adversité et des chiens qui hurlent. Les loups, c’est vous, ne l’oubliez jamais. Leurs prétentions et puissances apparentes ne sont que déguisements et trompe-l’oeil, aux croyants appartiendra toujours la victoire. Et Allah, est assurément Le plus Grand.

 »Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des polythéistes, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux… voilà bien la meilleure résolution à prendre. » (1)

Renaud K.

(1) Coran, Sourate al Imran, verset 186

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