»Certes nous ne donnons pas la gouvernance à celui qui l’a demandée ni à celui qui s’efforce de l’obtenir ». (1)

Car conscient de la dangerosité du pouvoir pour l’individu le guettant ; sachant pertinemment que le pouvoir donné à qui le réclame est une porte ouverte au pire ; car qui de moins disposé à gérer la Cité qu’une personne cherchant à nous en soudoyer les clés… Car simplement soucieux du meilleur pour les Hommes, cet homme nous avait certes par cette courte phrase avertit d’un mal évident.

Cet homme, c’est le dernier des Prophètes, Muhammad, paix et salut sur lui.

A plusieurs reprises il refusa en son temps d’attribuer ainsi la gouvernance à ceux qui purent la lui réclamer. Ces hommes n’étaient pourtant pas de ces coquins idolatres, charmeurs en costumes et forgeurs de loi impies squattant nos écrans de télévision jour et nuit. Non. Ils étaient parmi les meilleurs des hommes, les compagnons du Messager d’Allah, paix et salut soient sur eux tous. Ils respiraient la piété et la justice, ils étaient ces lions que ces pleutres contemporains n’arriveront jamais à être. Et pourtant…

 »Vous verrez que les gens les plus aptes à exercer le pouvoir sont ceux qui détestent le plus avoir à l’exercer »(2) nous avait-il encore affirmé.

Nos premiers califes voyaient leur investiture comme une plaie, une charge qu’ils n’ont d’ailleurs jamais réclamé. Cette charge, elle leur avait été donnée, parce que les plus disposés à gouverner, non les plus empressés à se prétendre en être les plus aptes. Et il en fut ainsi dans des bien des Etats, royaumes et empires dans l’Histoire. L’on confiait la chose au mérite, selon des critères très loin d’être les nôtres aujourd’hui. Nuls coureurs de foules et campagnes fastes et abêtissantes n’avaient à être supportées par la plèbe.

Autres temps, autres procédés ? Peut-être. Peut-être pas. Le mal – ou le moindre mal – est en tous cas désormais fait pour ce quinquennat. Les élections sont finies, notre nouveau sauveur démocrate a promis la continuité. Nous apprendrons sur les minbars que le pire nous avons évités. Larmes de peur et de tristesse vont pouvoir être séchées. À dans 5 ans ?

Renaud K.

(1) Al Boukhari, Sahih, 7149
(2) Al Boukhari, Sahih, 3493

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