La laïcité. À force de se faire répéter qu’elle seule su ramener paix et bonne entente là où la religion semait troubles et inimitiés, on serait presque tentés par en croire le propos. Sauf que le mensonge ne résiste pas longtemps à l’Histoire. Car si c’est déjà à grandement nuancer en observant le récit français ou plus européen, nous sommes alors en plein mythe en son dehors.

Première année de l’hégire, soit il y a plus de 14 siècles, le Prophète de l’islam, paix et salut soient sur lui, faisait déjà mettre à l’écrit en pleine Arabie une constitution en laquelle croyants des différents cultes se devaient respect et assistance. Plus qu’une simple liberté de culte offerte, les juifs et chrétiens présents se voyaient même accordés le droit de s’auto-gérer et suivre leur Loi. Le Coran, référant légal suprême, pose évidemment l’esprit. Nombre de versets sont ainsi là pour rappeler que non seulement de contraintes en religion il n’est pas question, mais que le droit de chacun se doit d’être en une même continuité conservé.

Ainsi, quand fut venu le temps des conquêtes musulmanes, les historiens en font tous le constat : les conversions à l’islam ne se faisaient déjà pas pressantes, mais ce sont tous les cultes et leurs fidèles qui se voyaient préservés. Le négateur se voyait attribuer un statut, interdit de participer officiellement à la Gestion de la Cité, payait un impôt qui lui était propre (souvent moindre que celui des musulmans), mais il gardait sa Loi et sa religion sans que l’islam ne se voit imposer à lui. Omar ibn al-Khattab, second calife de l’histoire, accorda ainsi aux habitants d’une Jérusalem conquise « la sécurité pour leurs vies, leurs biens, leurs églises, leurs croix et l’ensemble de leur dogme. (…) ils ne seront jamais contraints d’abandonner leur religion ou de subir de vexations. » (1).

Si quelques califes ou émirs surent se montrer moins pédagogues, les 13 siècles de califat islamique se réalisèrent en un certain semblable esprit. De tout temps, l’autorité politique reconnue, le négateur pouvait continuer sa vie en Dar Al Islam et suivre sa Loi sans gêne aucune. Il n’était pas demandé aux non-musulmans de considérer la Shari’a au dessus de tout, de l’aimer en leur fort intérieur, de gérer leurs affaires selon cette dernière ou encore moins de se plier à un devoir de discrétion en admettant les religions diverses dans le seule sphère de l’intimité. À la fin du Califat, celui-ci devenu ottoman, les multiples communautés composées en « millets » vivaient ainsi encore et toujours leur culte en toute liberté. Elles avaient même leur chef religieux auprès duquel elles se tournaient afin de gérer leurs affaires et conflits. Les spécificités étaient prises en compte et nulle uniformisation des êtres n’avait alors cours. Un peu comme au Mac Donald’s, l’idée, c’était en somme de venir comme vous êtes..

Aujourd’hui, en France et ailleurs, la loi s’impose à tous, et l’Etat laïc se charge de toutes les affaires. On se marie, s’habille, hérite ou etudie selon ses règles. Les communautés sont dites respectées mais niées, elle ne doivent plus apparaître et se signaler. Par souci d’égalitarisme, les Lois sont dépréciées au profit d’une et unique : celle du dominant, du laïc, de l’irreligieux. Ceci afin de pacifier les relations nous dit-on. Vision partielle, partiale et véritablement ethno-centrée, nous faire croire la jeune laïcité plus tolérante que toute et seule apte à permettre au vivre ensemble est évidemment un mensonge éhonté. Comme si les Hommes avaient attendu quelques républicains français pour trouver solutions à leurs problématiques communautaires ; comme si Allah, le Seigneur de tous les Hommes, n’y avait, Lui, point songé plus tôt via Sa religion. La laïcité a besoin de vous pour subsister, nous n’avons certes pas besoin d’elle. Et elle le sait!

Renaud K.

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