« Certes tu es fort dans ton corps, mais tu es passif en cela, non actif : ce n’est pas toi qui fait exister cette force ; tu es éloquent, mais en ce don de la parole, tu es passif et tu ne sais à quoi il t’est dû : tu n’en es pas l’acteur ou le concepteur ; tu es également doué de la faculté de penser et d’apprendre, mais tu es passif en ces capacités : tu ne les as pas cherchées ou choisies. Qu’à Allah ne plaise que tu sois l’existenciateur du principe de la loi pensée ou du fruit de l’apprentissage en toi-même.

Tu peux observer ta propre langue lorsque tu parles et qu’elle se déplace dans ta bouche pour articuler les lettres et les mots correctement et de manière compréhensible. Penses-tu que c’est toi qui supervises et contrôles le comment de son mouvement (…) et que c’est toi qui inspires à tes cordes vocales ses modulations audibles qui s’accordent au mouvement et à l’action de la langue ? La seule chose que tu sais est que tu désires à un moment de dire quelque chose et que te voilà en train de parler. Les causes secondes liées à cette action te sont dispensées d’une manière qui t’est parfaitement inconnue.

(…) Il en va ainsi de toutes les facultés dont tu disposes, y compris la science : tu sais seulement que tu orientes ta volonté et ton intention vers l’apprentissage d’une chose, et voilà que sa connaissance se déverse en ton intellect sous forme de lumière et de compréhension sans que tu n’aies aucune influence sur cela. (…) Tu ne sais pas comment ton intellect assimile une vérité ni comment il la mémorise. Comment serais-tu donc le concepteur d’une chose dont tu ne sais rien de la conception ? Et comment donnerais-tu l’existence à quelque chose dont tu ne sais rien des modalités de son existence ?

Comment l’être humain peut-il s’enfler de rentrer de prétention, alors qu’il n’est qu’une simple ardoise sur laquelle furent notés quelques vertus et attributs grâces auxquels il se meut, agit et lutte. Il ne peut se les procurer ni les rejeter, et il ne peut aller au-delà de leurs limites et validité, ni les préserver si elles se fanent et dépérissent ! Oui ! Qu’est ce qui vaut à l’être humain tant de prévention, alors qu’il n’est qu’un récepteur ? A quoi servirait cet appareil si les informations émises qu’il reçoit s’interrompaient ? Y a-t-il en ce propos quoi que ce soit qui nous fasse nous placer au dessus de l’autorité de la science, ou qui constitue une offense à celle-ci ? Si quelqu’un voit qu’il y a en ce propos quoi que ce soit de cette nature, qu’il le dise. J’écouterais. Et maintenant, n’est-elle moi cette parole du Créateur de l’homme et du Concepteur de ses facultés et de ses capacités :

« Perdu soit l’être humain ! Est-il plus ingrat que lui ? A partir de quoi l’a-t-Il créé ? Il l’a créé d’une goutte et l’a prédisposé. Puis Il lui a facilité la voie ; puis Il lui a donné la mort et l’a livré au tombeau ; puis lorsqu’Il le voudra, Il le ressuscitera. Certes non : il n’a pas accompli ce qu’Allah lui avait ordonné » (1) »

Mohammad Said Ramadan al Bouti, « L’islam refuge de l’humanité » , Chapitre « La déification de la science », p.101

(1) Coran, sourate 80,versets 17-23

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