Information ô comment importante et lourde de symbolique, et pourtant si peu relayée, le Hamas a déclaré finalement accepter un État Palestinien limité aux frontières de 1967.

C’était lors d’une conférence de presse à Doha au Qatar, que la charte de 1988 du parti alors rafraîchie, a été présentée cette semaine aux journalistes. Il y est ainsi indiqué le reconnaissance de  »l’établissement d’un État palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale ». Pas supplémentaire, insistant sur le caractère politique et territoriel du conflit, il y est aussi écrit noir sur blanc que  »le Hamas ne mène pas une guerre contre les Juifs mais contre les Sionistes qui occupent la Palestine (…) En réalité, ce sont les sionistes qui identifient constamment le Judaïsme et les Juifs à leur projet colonial et à leur entité illégale. »

La décision, discutable, mais pragmatique, du mouvement palestinien aurait tout logiquement du avoir l’effet d’un coup de tonnerre. Mais ni le gouvernement israélien, ni les Etats-Unis ou la France, éternels alliés, ne se sont montrés de cela réjouis. L’on parle déjà d’un écran de fumée, d’une tentative de séduction faussée. Cela nous rappele d’ailleurs les multiples concessions qui furent celles de Yasser Arafat, qui pourtant, n’auront jamais su satisfaire les cols blancs et ministres à kippa.

Il faut dire que le mouvement de résistance, si il est prêt à cette solution depuis longtemps souhaitée par certains (ou apparemment pas), ne se dit pas prêt pour autant à déposer les armes.  »Il n’y aura pas de reconnaissance de la légitimité de l’entité sioniste », précise le document.  »Résister à l’occupation par tous moyens et toutes méthodes est un droit légitime garanti par les lois de Dieu ainsi que par les lois internationales » est-il encore précisé. Pas encore assez doux le Hamas.. Le mouvement de résistance s’est aussi trouvé un nouveau chef en la personne de l’ancien Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh. Une autre première, il est de Gaza et compte y rester.

De plus en plus isolé depuis sa prise du pouvoir il y a 10 ans, le Hamas, qualifié de terroriste par les grands de ce monde, et ouvertement fâchée avec l’Égypte voisine, peine à voir son combat justifié. Le mouvement a pourtant, et même pris la peine de ne plus faire mention de son attachement aux Frères Musulmans, mais rien n’y fait. Les puissants ont dit non, la colonisation ne cessera pas. Les membres du Hamas devaient de toute façon s’en douter. La haine de leur ennemi, ils la vivent au quotidien. Ils savent que l’objectif de ces derniers n’est ni la paix ni le compromis, mais bien la soumission de l’entière Palestine et ses musulmans.

Mais au moins, en montrant au monde qu’eux, du côté du Hamas, sont prêts à faire un pas, ils ont su indirectement démontrer que les autres en face n’en avaient, encore une fois, aucunement envie. Peut-être est-ce pour cela que les médias se sont fait timides quant à l’annonce de ce document, et de ses réactions. Il ne faudrait en effet surtout pas que la mauvaise foi des uns se voit…

Renaud K.

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